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[Cinéma] Mort sur le Nil – Piccolo corpo

Deux films aux antipodes l’un de l’autre.

Au cours d’une luxueuse croisière sur le Nil, ce qui devait être une lune de miel idyllique se conclut par la mort brutale de la jeune mariée. Ce crime sonne la fin des vacances pour le détective Hercule Poirot. A bord en tant que passager, il se voit confier l’enquête par le capitaine du bateau. Et dans cette sombre affaire d’amour obsessionnel aux conséquences meurtrières, ce ne sont pas les suspects qui manquent ! S’ensuivent une série de rebondissements et de retournements de situation qui, sur fond de paysages grandioses, vont peu à peu déstabiliser les certitudes de chacun jusqu’à l’incroyable dénouement !

Sa diffusion en VO nous a décidées à aller voir la 3ème version du roman d’Agatha Christie. Les autres, nous les avons vues et revues et, pourtant à chaque fois, c’est un plaisir renouvelé. Plus que les autres « Poirot », « Mort sur le Nil » offre l’attrait de l’exotisme, du voyage : la croisière sur le Nil sur le Karnak, les felouques qui l’accompagnent, le palace Old Cataract à Assouan, les statues colossales d’Abou Simbel. Un décor mythique qui a traversé les décennies pour être toujours proposé « en vrai » à des touristes aisés. Kenneth Branagh et ses producteurs n’ont pas lésiné sur le luxe des décors et des costumes. La distribution est certes moins brillante que celle de la version de 1978 avec Peter Ustinov, Bette Davis, Mia Farrow, David Niven….., mais, si originalité il y a, c’est en partie dû aux scènes de danse qui dégagent un érotisme rarement vu dans ce genre de film, grâce à Emma Mackey et Gal Gadot. Un rythme soutenu, des rebondissements, c’est du spectacle et nous sommes bon public pour ce cinéma de divertissement.

Un tout autre univers sert de cadre au premier film d’une réalisatrice italienne Laura Samani, présenté en compétition à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2021.

Italie, 1900. Le bébé de la jeune Agata est mort-né et ainsi condamné à errer dans les Limbes. Il existerait un endroit dans les montagnes où son bébé pourrait être ramené à la vie, le temps d’un souffle, pour être baptisé. Agata entreprend ce voyage et rencontre Lynx, qui lui offre son aide. Ensemble, ils se lancent dans une aventure qui leur permettrait de se rapprocher du miracle.

Ce film s’inspire d’histoires vraies qui se sont déroulées aussi bien en France qu’en Italie car ces « sanctuaires du souffle » ont bien existé par centaines jusqu’au début du XXème siècle. Le film mélange réalisme et mysticisme, il est saisissant dans sa sobriété et sa rudesse. Rudesse des paysages de mer et de montagne, rudesse des mœurs des habitants, que ce soit les pêcheurs ou les montagnards, rudesse des dialectes du Frioul-Vénétie Julienne (région du Nord-Est de l’Italie). La nature et les humains sont hostiles. La jeune mère obstinée qui porte sa fille mort-née sur son dos rencontrera peu de bienveillance dans son périple douloureux qui affecte plus son corps que sa force morale. Seul Lynx, (garçon ou fille ?) offre sa protection à Agata, au départ de façon intéressée, à la fin en acte gratuit, d’amour. La vie, la mort, la foi, la maternité, la révolte aussi. Autant de tableaux filmés pratiquement tous en extérieur et mis en lumière par le talentueux directeur de la photo slovène, Mitja Licen. Pas de casting illustre ici. Une seule actrice de métier, Ondina Quadri, tous les autres sont des non-professionnels, même l’héroïne (Celeste Cescutti) dont c’est le premier rôle au cinéma.

Cinéma spectacle ou cinéma d’auteur, vive le cinoche !

10 Comment

  1. Les danses étranges de Mort sur le Nil m’ont paru assez ridicules d’abord parce que les acteurs dansent mal. J’ai trouvé que Gal Gabot et Armie Hammer jouaient mal. Bref, pas grand chose de réjouissant dans ce film excepté Kenneth Branagh et les décors naturels époustouflants et l’envie de voir Abou Simbel.
    Je ne me suis pas fatiguée à écrire sur ce film.

    Je n’ai pas eu envie de voir Piccolo corpo… le thème et l’aspect mystique me faisaient bailler d’avance.

    1. Entre fatigue et bâillements, vous avez bien fait de vous abstenir. Les programmations des salles françaises peuvent satisfaire tous les goûts. Dommage pour Piccolo corpo, un film exigeant, un thème qui peut paraître rébarbatif mais qui, au moins, change des sujets sociologiques contemporains.

  2. Bonjour les Matching,
    Comme vous, je ne me lasse pas de « Mort sur le Nil » version 78 étant une grande fan d’Hercule Poirot et de Peter Ustinov. J’hésitais à aller voir cette nouvelle version de peur d’être déçue, mais vous semblez l’avoir appréciée, alors pourquoi pas !? Quant à l’autre film dont vous nous faites la présentation, j’avoue que je n’en avais pas entendu parler et ne me sens pas d’humeur à le voir… Passez une belle semaine.

    1. Nous l’avons appréciée sans vouloir trop faire la comparaison avec la version de 78. C’est une autre mise en scène, d’autres acteurs mais pour nous ça a fonctionné…encore une fois, même si c’est différent !
      Bonne semaine à vous aussi.

  3. Bonsoir les Matching,
    Ce sont 2 films qui me plairaient beaucoup, surtout le premier je pense..Gamine, j’avais lu quasiment tous les Agatha Christie, transmis par ma mère!!
    Très bonne soirée!

    1. On a tous lu plusieurs Agatha Christie en étant jeunes. On ne se lasse pas de leur transposition à l’écran. Bonne journée

  4. Hello,
    impossible de passer à côté d’Agatha Christie. J’ai lu Mort sur le Nil et j’ai eu l’occasion de voir sa version cinématographique il y a quelques années. En série, j’aime beaucoup Hercule Poirot avec David Suchet.
    Belle semaine

    1. David Suchet « est » Poirot! Dans son film Kenneth Branagh se tient un peu plus en retrait. La lumière est sur le reste du casting.

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