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[Cinéma] Rattrapage

Si, à l’automne, nous avions pu voir (et apprécié) in extrémis « Antoinette dans les Cévennes », nous avions raté « Adieu les cons » et « Drunk ». Deux séances de rattrapage qui ne nous ont pas déçues.

Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans qu’elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait 15 ans.
Sa quête administrative va lui faire croiser JB, quinquagénaire en plein burn out, et M. Blin, archiviste aveugle d’un enthousiasme impressionnant. À eux trois, ils se lancent dans une quête aussi spectaculaire qu’improbable.

Après l’adaptation de « Au revoir là-haut » et les contraintes dues à l’adaptation d’une oeuvre littéraire, Dupontel se déchaîne ici dans le traitement de l’image, du rythme et dans le choix des personnages pour réaliser un scénario délirant. Comme dans ses films plus personnels, il y a des scènes burlesques, surtout portées par Nicolas Marié (l’avocat bègue et hilarant de « 9 mois ferme »). Mais cette fois-ci, il est aveugle, ce qui est plus tragique. Et, en effet, le registre est tragique, « Adieu les cons » est plutôt un mélo avec des moments de comédie.

Le titre se veut dénonciateur. La société est déshumanisée par l’électronique et l’usage qu’on en fait, les gens ordinaires sont écrasés par l’absurdité de la bureaucratie. Critiquer les dérives administratives, les ridiculiser, ce n’est pas nouveau mais ça fait toujours mouche. La caméra est survoltée, les couleurs sépia, et certaines scènes, rappellent l’influence de Jeunet. Les comédiens sont excellents, que ce soit le trio amical soudé dans la folle équipée comme les seconds rôles. Les inconditionnels de Dupontel y ont trouvé leur bonheur…d’autres aussi puisqu’il a obtenu 7 récompenses aux César.

Quatre amis décident de mettre en pratique la théorie d’un psychologue norvégien selon laquelle l’homme aurait dès la naissance un déficit d’alcool dans le sang. Avec une rigueur scientifique, chacun relève le défi en espérant tous que leur vie n’en sera que meilleure ! Si dans un premier temps les résultats sont encourageants, la situation devient rapidement hors de contrôle.

Nous n’avions entendu que des éloges de ce dernier film de Thomas Vinterberg dont nous n’avions pas oublié « Festen », tourné à une époque où le thème de l’inceste n’était pas si courant sur les écrans.

Comme dans le film de Dupontel, tragédie et comédie se côtoient. Ici à partir d’une variation sur le thème de l’alcoolisme qui n’est pas lié à la misère sociale comme dans certains films britanniques, mais est considéré, au départ, d’un point de vue intellectuel. Pas de manichéisme ni de jugement. Après la « découverte » du pouvoir désinhibant de l’alcool et leur enthousiasme communicatif, les personnages évoluent différemment vers les excès, la tragédie ou l’apaisement. Parmi les quatre « héros », tous excellents, c’est sur Mads Mikkelsen et son visage que la caméra s’attarde le plus longuement et ce jusqu’à la scène finale. Nous avions vu des vidéos de cette scène avant d’avoir vu le film…. là non plus nous n’avons pas été déçues !

Nous allons maintenant passer aux nouveautés…

12 Comment

    1. Un bon début en effet pour retrouver les salles. On avait presque oublié la sensation 🙂

  1. Je vous imagine comme deux poissons dans l’eau et arrive presque à voir votre large sourire de pouvoir enfin retrouver le chemin des salles obscures !
    Lorsqu’il sera disponible en VOD, je regarderai le film de Dupontel avec grand plaisir. Concernant le deuxième (dont je n’ai pas entendu parler), j’avoue qu’il me dit moins….
    Passez une belle semaine.

  2. Bonjour Matching Points, toujours pas vu Adieu les cons mais j’y pense. En revanche, Drunk est vraiment bien avec un Mads Mikkelsen très touchant et qui montre ses talents de danseurs. Et j’ai donc vu quelques nouveautés. Bonne journée.

    1. Adieu les cons semble tenir l’affiche encore cette semaine. Mads Mikkelsen dans un rôle de gentil est très convaincant. Bonne journée à vous aussi.

  3. Adieu les cons finit par être mélancolique voire désespéré. J’ai beaucoup aimé.

    Et Drunk… c’est Mads ❤
    J’ai revu Festen la semaine dernière. Toujours aussi fort.
    Je vous recommande TOUS les films de Thomas Vinterberg

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