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[Actualité] Littérature, cinéma et confinement

Le mot Décaméron vient du grec ancien qui signifie dix jours, c’est le titre du recueil de cent nouvelles écrit par le florentin Boccace, considéré comme le meilleur prosateur du Moyen-Age.

Alors que sévit dans Florence la terrible peste de 1348, dix jeunes florentins (sept jeunes femmes et trois jeunes gens) décident de fuir l’épidémie et se réfugient dans une belle résidence des environs de la ville pour aller respirer l’air pur de la campagne et se divertir. Ils décident que, pendant dix jours, chacun racontera une histoire sur un thème proposé par le roi ou la reine du jour.

Certaines de ces nouvelles ont inspiré le cinéma comme « Il Decameron » de Pier Paolo Pasolini, un film de 1971,

ou « Maraviglioso Boccacio » des Frères Taviani, sorti plus près de nous, en 2015.

Malgré ces adaptations partielles, il semble que l’œuvre initiale, ou toute référence au titre ou à l’auteur, soient tombés dans l’oubli.

Il aura fallu le Coronavirus pour que Le Décaméron et Boccace soient remis au goût du jour et bénéficient de l’intérêt des journalistes.

Le Figaro du 25 mars : « Relire Le Décaméron de Boccace au temps du Covid-19″

Les Inrocks du 27 mars : « “Le Décaméron” : votre week-end à Florence est sauvé ! »

Le Point, du même jour : « La peste de Florence de 1348 racontée par Boccace. »

La décision de fuir la ville contaminée pour une campagne plus accueillante nous rappelle bien sûr l’exode de certains parisiens…

 » Là-bas, on entend le chant des oiseaux, on voit les plaines et les collines se couvrir de vertes frondaisons. Les champs de blé ondulent comme la mer. Il y a des arbres de mille sortes, et le ciel a beau se courroucer, il ne refuse pourtant pas ce rayonnement de beauté éternelle dont le spectacle est plus séduisant que les murs vides de notre cité ».

Boccace (Le Décaméron, Editions Garnier)

https://www.courrierinternational.com/sites/ci_master/files/styles/image_original_765

25 Comment

  1. Ma fille fait partie de ceux qui ont quitté Paris pour la province. Elle l’ a fait pour tenir le coup car elle a sa propre société et emplois 20 personnes qui sont toujours au travail. Elle n’a pas le temps de profiter des joies de la campagne, juste du jardin à l’heure du thé. Depuis 15 jours, à part sa famille, elle n’a vu personne
    Sur ce sujet, je suis très partagée, entre profiter d’une maison avec jardin ou rester enfermé dans un appartement.
    Personnellement, j’ai relu l’histoire de la peste de 1720 qui a fait des ravages sur Marseille.

    1. En effet, on peut être partagé sur ce sujet. Les petits parisiens seront plus heureux dans une maison avec jardin à la campagne que dans un appartement en ville. Mais nombreux sont ceux qui ont craint une propagation du virus. La correspondance entre la fuite à la campagne ces derniers jours et le point de départ d’une œuvre qui a plusieurs siècles a suscité notre post. Il n’y avait aucun jugement moral de notre part

  2. Très intéressant je ne savais rien de cette oeuvre. Le parallèle avec ce que nous vivons est saisissant

    1. Sur le vieux continent nous avons souvent des réflexes et des références qui remontent à plusieurs siècles. Ce confinement est pourtant dû à un phénomène bien récent : la propagation d’un virus à cause de la mondialisation.

  3. Je ne connaissais absolument pas cette œuvre; je m’endormirai moins bête ce soir ! La correspondance entre l’exode de ces florentins et l’exode des parisiens est en effet saisissante, sans porter de jugement… Merci pour ce clin d’œil culturel et littéraire. Prenez bien soin de vous.

    1. Nous sommes ravies d’apporter notre humble contribution à la « nation apprenante » 🙂 🙂
      Prenez soin de vous vous aussi. Bonne journée

  4. Je n’ai pas lu mais le film, oulala…

    Je fais partie des confinés de luxe (maison, jardin et seule…). L’exode je comprends pour ceux qui le pouvaient et ne pas être entassés sans autre point de vue qu’une cour ou un autre immeuble.
    Ce qui était pénible était de voir les exilés s’empiler sur les plages.
    Mais c’était le début. Je crois qu’aujourd’hui tout le monde a compris que ce ne sont pas des vacances.

    1. Comme vous dites : le film oulala ;). Pasolini a exploité l’aspect paillard de certaines nouvelles. D’autres nouvelles mettent en scène des sentiments plus raffinés. L’œuvre écrite est plus diverse et complexe.
      Certains ont pu partir à temps, d’autres se sont retrouvés coincés par la soudaineté des mesures. Tant mieux si des comportements plus prudents ont été adoptés.

  5. Bonjour les Matching,

    J’espère que vous allez bien. Je ne connaissais absolument pas cet ouvrage! Moi aussi, je me coucherai moins bête lol
    Comme quoi, l’Histoire est un éternel recommencement..
    bon courage pour cette « confinade »..

    1. Nous allons toujours bien, merci. Les mêmes causes engendrent souvent des effets similaires même à des siècles de distance.
      Bonne confinade à vous aussi.

  6. effectivement, une lecture bien d’actualité : est-ce facile à lire ??? Il aura fallu cette occasion pour que les parisiens se souviennent que la France, ce n’est pas que Paris (mais ce n’était sans doute pas le meilleur moment)!

    1. Cent nouvelles cela prend du temps de lecture mais pour un confinement de 15 jours renouvelé toutes les 2 semaines, pourquoi pas ? 😉

  7. Dans les Côtes d’Armor, les Parisiens ont débarqué et ont vidé les supermarchés qui n’avaient pas anticipé. Les résidences secondaires sont toutes occupées ! Certains ssont même allés acheter de la crème solaire en pharmacie…Prenez soin de vous …

    1. Il paraît que la Bretagne a eu un grand succès au mois de mars ! Nous n’avons pas vraiment ressenti cette invasion dans le Midi. La route de l’exode était peut-être trop longue.
      Merci. Vous aussi prenez soin de vous.

  8. En effet une corrélation tout à fait surprenante ou pas .
    On ne peut porter de jugement surtout quand on est privilégié car on ne sait pas ce qu’on aurait fait à leur place.
    Je ne connaissais pas cette œuvre. Merci du partage !
    À bientôt !

    1. La tentation était grande de se mettre au vert et en un lieu plus sûr que Paris. Effectivement nous n’avons pas à nous plaindre, nous profitons de bonnes conditions pour passer cette période de confinement. À bientôt

  9. Très intéressant comme toujours , Boccace et son Décaméron plus chanceux que Raphaël donc! Je ne connaissais ni l’auteur ni l’œuvre, merci, dommage je ne pourrai pas faire la maligne pendant dans un prochain dîner Bonne soirée!

    1. En temps ordinaire Boccace n’est pas très facile à caser dans un dîner. Mais à l’occasion du confinement il a été remis au goût du jour par certains journalistes qui l’ont peut-être découvert à cette occasion, comme vous 😉

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