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[Cinéma] Lune de Miel et C’est ça l’amour

Anna et Adam, jeune couple de parisiens aux origines juives polonaises, partent pour la première fois de leur vie en Pologne. Ils ont été invités à la commémoration du soixante-quinzième anniversaire de la destruction de la communauté du village de naissance du grand-père d’Adam.
Si Adam n’est pas très emballé par ce voyage, Anna est surexcitée à l’idée de découvrir la terre qui est aussi celle de sa grand-mère…

Nous avons vu ce premier film d’Elise Otzenberger en avant-première au Festival du premier film francophone de La Ciotat, en présence de la réalisatrice.

Il est en partie autobiographique car elle est allée elle-même faire ce pèlerinage en Pologne avec son mari. Le choix de la comédie mêlée à l’émotion pour évoquer un sujet grave est l’atout de ce film. Les interprètes, Judith Chemla et Arthur Igual, incarnent parfaitement ce jeune couple pas vraiment sur la même longueur d’ondes quant à la recherche de leurs racines. De là naissent des situations comiques et des réparties déjà « cultes » comme : « J’ai épousé un juif antisémite ! » ou encore : « Ici c’est le Disneyland de la Shoah ! ».

Les personnages secondaires, qui représentent la génération d’avant, suivent le tempo, mention spéciale à Isabelle Candelier, que la réalisatrice a avoué adorer et on la comprend !

Un moment divertissant, un équilibre réussi entre gravité et burlesque…

Depuis que sa femme est partie, Mario tient la maison et élève seul ses deux filles. Frida, 14 ans, lui reproche le départ de sa mère. Niki, 17 ans, rêve d’indépendance. Mario, lui, attend toujours le retour de sa femme.

Une femme qui part et un mari abandonné, une mère absente, et un père débordé, un schéma en somme classique, mais à l’envers. Il n’y a pas de jugement, personne n’est fautif, il fallait qu’elle parte.

Bouli Lanners  porte le film sur ses épaules. Tellement touchant avec son physique ingrat, c’est un être blessé qui ne se résout pas à la rupture. Maladroit et malheureux, il est incapable d’affronter ses filles délurées, surtout la dernière qui, en pleine crise d’adolescence, frôle la délinquance. On est d’ailleurs surpris par leur manque de sensibilité artistique dans une famille où le père écoute la musique classique et la mère travaille dans l’équipe technique d’un théâtre. Et pourtant, il paraît que ce film de Claire Burger est en partie autobiographique.

Il nous arrive de ne pas être d’accord sur un livre, un film. Ici c’est bien le cas. L’une a été sensible à la détresse de ce mari, ce père abandonné, l’autre a trouvé le film trop misérabiliste.

Et vous, de quel côté vous retrouvez-vous ?





18 Comment

  1. Bonsoir à toutes les deux ! Le deuxième film me parle à priori davantage que le premier… mais à vrai dire, je pense que je passerai mon tour pour l’un comme pour l’autre !! Quoi qu’il en soit merci pour vos avis éclairés. Bonne soirée.

  2. Je n’ai vu aucun des deux.
    Lorsque j’ai choisi ma séance ciné hier, j’ai hésité à aller voir « Lune de miel » car j’ai bien aimé la BA mais les critiques n’étaient pas terribles. Finalement le film que j’ai choisi m’a ennuyée.

    1. Il est vrai que « Lune de miel » souffre de quelques maladresses mais n’oublions pas que c’est un premier film. Quel film ennuyeux avez-vous vu ? Nous n’irons pas le voir 🙂

    1. Le parti pris est risqué mais le sujet est autobiographique, cela désamorce certaines critiques. Bon week-end à vous aussi.

  3. J’ai vu la bande annonce du premier et pour vous donner une réponse à votre question, il faudrait que j’aille voir le second ! Bon Week-end à vous deux !

    1. Le second est sorti en mars. C’est plus compliqué pour une séance de rattrapage. En ce qui nous concerne nous l’avons vu dans le cadre d’une séance art et essai. Bon week-end à vous aussi.

  4. Hello les Matching Points! Merci pour votre éclairage toujours intéressant, j’opterais plutôt pour le premier, déjà je trouve l’affiche super. Après Sybil que je déconseille fortement, on en avait discuté, je vais demain voir Greta avec I Huppert que j’adore Bon dimanche!

    1. Ces films ne seront peut-être pas programmés au Canada. Utilisez-vous d’autres systèmes (licites, of course !) pour voir des films français ? bonne semaine à vous aussi.

  5. Je découvre ces films en vous lisant. Je ne suis pas sur de les voir, avec l’arrivée de la saison et le BAC du petit dernier, je n’ai pas trop le temps de sortir.

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