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[Cinéma] 3 films français

Trois films très différents qui selon l’expression consacrée « prouvent la vitalité du cinéma français ».

Claude et Marie Verneuil font face à une nouvelle crise.
Leurs quatre gendres, Rachid, David, Chao et Charles sont décidés à quitter la France avec femmes et enfants pour tenter leur chance à l’étranger.
Incapables d’imaginer leur famille loin d’eux, Claude et Marie sont prêts à tout pour les retenir.
De leur côté, les Koffi débarquent en France pour le mariage de leur fille. Eux non plus ne sont pas au bout de leurs surprises…

On dit que susciter le rire n’est pas si facile. Les auteurs et comédiens ont déployé les grands moyens. La recette du premier opus avait bien marché. On reprend les mêmes et on recommence. L’équipe est rôdée et bénéficie de professionnels de l’humour qui ont fait leurs preuves dans des occasions différentes : Clavier et le Splendid d’antan, Tauby et les Nuls de Canal+ et parmi les jeunes, les habitués des One Man Show sur les scènes parisiennes.

Tout le monde surjoue, les clichés abondent, c’est la loi du genre, c’est de la franche rigolade. Ceux qui boudent n’iront pas le voir, il n’y a pas de piège ni de faux espoir, rien de plus à attendre. Mais on sort le sourire encore aux lèvres en se disant que cette fois-ci c’était vraiment de grosses ficelles !

Une grande et belle propriété sur la Côte d’Azur. Un endroit qui semble hors du temps et protégé du monde. Anna arrive avec sa fille pour quelques jours de vacances. Au milieu de sa famille, de leurs amis, et des employés, Anna doit gérer sa rupture toute fraîche et l’écriture de son prochain film. Derrière les rires, les colères, les secrets, naissent des rapports de dominations, des peurs et des désirs. Chacun se bouche les oreilles aux bruits du monde et doit se débrouiller avec le mystère de sa propre existence.

Entre comédie et drame comme toujours chez Valeria Bruni Tedeschi. C’est emmêlé comme ses cheveux, sa démarche, sa diction, une suite de scènes brouillonnes où elle mêle l’histoire (vraie) de sa dernière rupture avec bien d’autres thèmes comme la solitude, la vieillesse et la mort.

La belle maison de famille dont le territoire est menacé, est aussi le théâtre de luttes sociales. Les maîtres sont oisifs et aisés, artistes détachés des réalités matérielles. Les serviteurs sont alcooliques, nymphomanes, tire au flanc.

Personnages névrosés, écorchés ou carrément handicapés, des corps obèses ou décharnés. La galerie n’est pas flatteuse. Les références au cinéma italien, moins politiquement correct que le français, ne sont pas loin.

Un certain goût pour l’onirisme avec le fantôme du frère mort du Sida qui hante ce film de Valeria (et quelques chansons de Carla!). Éternellement jeune, beau et élégant.

L’impuissance à récupérer l’homme aimé se double de l’impuissance à mener à bien le film qu’elle veut réaliser.
Le film aboutira et se terminera dans une brume fellinienne, digne de la plaine du Po, de laquelle Valeria ne semble pas près de sortir.

Fin XIXème, Joseph Ferdinand Cheval, est un simple facteur qui parcourt chaque jour la Drôme, de village en village. Solitaire, il est bouleversé quand il rencontre la femme de sa vie, Philomène. De leur union naît Alice. Pour cette enfant qu’il aime plus que tout, Cheval se jette alors dans un pari fou : lui construire de ses propres mains, un incroyable palais. Jamais épargné par les épreuves de la vie, cet homme ordinaire n’abandonnera pas et consacrera 33 ans à bâtir une œuvre extraordinaire : « Le Palais idéal ».

Esthétisant et déprimant. De beaux paysages, une reconstitution de l’époque soignée. Les acteurs sont-ils vraiment crédibles ? Gamblin en artiste naïf quasiment autiste, Casta qui ne prend pas un cheveu blanc au fil des années. C’est lent, long, rythmé par les événements tragiques qui s’abattent sur le facteur Cheval et sa famille pendant les 33 ans que dure l’édification de son Palais. Pour ceux qui aiment la sobriété du style, les paris fous et la fatalité.

22 Comment

    1. Si vous aimez la sobriété dans l’expression des sentiments, le sublime dans la retenue, vous serez peut-être séduite.

  1. Merci pour vos compte-rendus. Je n’étais à la base pas très motivée pour aller voir ces films ; votre article me conforte dans l’idée que je n’irai voir aucun des trois… et tant pis pour le cinéma français !! En revanche il faut absolument que je visionne Green Book que je n’ai pu voir ce week-end !! Passez une très belle journée.

  2. Merci!…Voilà 3 films que je n’irai sans doute pas voir! Par contre j’ai planifié Green Book pour lundi en huit sur vos conseils! Je conseille Une Intime Conviction même si jen suis ressortie plutôt pessimiste concernant la justice des hommes. Merci et bonne soirée!

  3. Bon et bien ces trois là, disons que je n’ai pas de regret de les avoir loupé … je me serai quand même bien laissée tenter par le troisième mais du coup, je ne sais plus trop ! Merci pour vos critiques avec une mention spéciale pour celle du film de Valéria Bruni-Tedeschi qui m’a beaucoup amusée ! J’aime quand vous êtes caustiques 😉

    1. Le film de Valeria BT n’est pas aussi futile qu’on pourrait le croire. Comme nous l’avons mentionné, de nombreux thèmes s’entrecroisent. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les différents personnages et sur les influences, notamment du cinéma italien. Si vous vous décidez pour le 3 ème nous attendons vos impressions.

    1. Et pourtant c’est l’un des plus prolifiques ! Les salles de cinéma sont toujours très fréquentées, heureusement !

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