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[Cinéma] Les frères Sisters

Charlie et Eli Sisters évoluent dans un monde sauvage et hostile, ils ont du sang sur les mains : celui de criminels, celui d’innocents… Ils n’éprouvent aucun état d’âme à tuer. C’est leur métier. Charlie, le cadet, est né pour ça. Elie, lui, ne rêve que d’une vie normale. Ils sont engagés par le Commodore pour rechercher et tuer un homme. De l’Oregon à la Californie, une traque implacable commence, un parcours initiatique qui va éprouver ce lien fou qui les unit. Un chemin vers leur humanité ?

Depuis un Prophète

Jacques Audiard est pour nous une valeur sûre depuis « Un prophète ». Nous étions curieuses de voir un western fait par une équipe de Frenchies, tourné en Espagne avec des acteurs américains, qui a remporté un Lion d’argent à la Mostra de Venise.

En sortant de la salle, il y avait comme une petite déception, mais comme la nuit porte conseil, nous avons révisé notre jugement et les images fortes ont effacé l’impression de longueur.

Selon Audiard, « c’est un voyage de deux vieux enfants » marqués par leur enfance, deux bouseux, que ce périple va transformer. Les frères sont magnifiquement interprétés par Joaquin Phoenix et John C. Reilly (qui nous a le plus surprises par un jeu plein de subtilité). Lui, le grand frère, le personnage le plus attachant qui s’endort avec un châle qu’on lui a offert, objet d’un rituel sensuel.

Lorsqu’ils rejoignent les deux hommes qu’ils poursuivent, un détective (Jake Gyllenhall) et un chimiste (Riz Ahmed), des hommes éduqués et instruits, le cours de leur traque va changer.

Bien que, au départ, tout oppose les chasseurs et leurs cibles, ce quatuor d’hommes va finalement se lier pour un projet commun qui pourrait se transformer en idéal de société.

De magnifiques paysages dignes des meilleurs westerns américains et de nombreux rebondissements font passer quelques longueurs. Il y a aussi les beaux plans rapprochés que nous aimons chez Audiard et le talent du directeur de la photographie, Benoit Debie.

Les scènes humouristiques, comme lorsque les frères découvrent les acquis de la vie moderne (la brosse à dents ou la chasse d’eau) et des séquences touchantes, comme la rencontre avec la prostituée, alternent avec des scènes de grande violence. On tue sans état d’âme mais on pleure la mort de son cheval !

En revanche, sans trop dévoiler la fin, le Happy End donne davantage une allure de fable à la cavalcade de deux tueurs à gages. Ils rangèrent leurs armes et vécurent heureux… 

On retrouve l’Amérique dans sa brutalité, celle des westerns classiques où quelques individus pouvaient tuer en toute impunité car, de plus, il n’y a ici aucun représentant de la Loi.

A travers ce film, la banalisation de la violence nous rappelle que le culte des armes à feu est toujours intact aujourd’hui. Mais on se laisse aussi porter par de belles images et une histoire finalement touchante.

Donc un bon film à voir …

24 Comment

  1. J’avoue que ce film me tente moins que le précédent, si ce n’est pour Joaquin Phoenix et Jake Gyllenhaal… J’aime les westerns, en revanche je n’apprécie pas la violence pour la violence, ni le culte aux armes à feu surtout lorsque l’on voit la société d’aujourd’hui…

  2. Contente que vous ayez révisé votre jugement.
    C’est un film d’une grande douceur parfois et très profond. Et la relation fraternelle qui va finir par unir les 4 hommes est très atypique dans ce milieu je trouve.
    Les films d’Audiard avant Un prophète sont très recommandables et même plus que ça ; Regarde les hommes tomber, Sur mes lèvres, Un héros très discret, De battre mon coeur s’est arrêté.

  3. Bonjour Matchingpoints, en lisant ce billet, je me dis qu’il faudrait que je revois ce film (j’accompagnerai mon ami). Mais cela n’empêche pas que j’ai trouvé qu’il y avait des retournements de situation un peu rapides. Reilly a trouvé le rôle qui lui convient. Bonne journée.

    1. Une bonne idée de retourner accompagnée ! C’est avec du recul que nous avons apprécié pleinement le film ( vous avez raison, les retournements de situation sont très rapides!
      Bonne séance et peut-être un nouveau commentaire ?

  4. La casting est alléchant quand même ! Je me demande bien dans quel coin d’Espagne cela a été tourné, je vais chercher ! Sinon, je suis bien d’accord avec vous, un film ça met parfois un peu de temps à se « digérer » !

    1. Nous supposons dans le sud, vers Almeria, ou peut être dans le désert de Bardenas Reales, dont vous avez parlé sur votre blog ? À vérifier…

  5. Je ne suis pas fan de western .
    En revanche j’ai vu dimanche « A star is born  »
    C’est un chef d’oeuvre. Je vous le recommande . Lady Gaga est sublime .
    Merci tout de même pour vos partages et avis .
    Bonne journée sous le mauvais temps !

    1. « A Star is Born » est bien sûr dans notre agenda ! Comme nous ne voyons les films qu’en VO (petit snobisme que nous assumons), il n’est pas toujours facile de faire coïncider nos disponibilités avec les séances VO de nos cinés de province. Nous espérons y arriver quand même !

  6. Coucou les Matching,
    Merci pour votre article que j’attendais impatiemment! Je voulais avoir votre avis!
    Bon, moi je n’ai pas pu encore y aller, car c’est tout un tralala de faire garder les enfants. Mince pour votre déception de prime abord.. Serait-ce le côté Happy End américain? La violence?
    J’ai quand même envie de « voir » (admirer?) Joaquim Phoenix..!
    Bon mercredi!

    1. La déception était une première réaction, mais elle s’est estompée. C’est un film à voir, pour Joaquim Phoenix bien sûr, mais aussi John C. Reilly, et l’histoire intéressante. Donnez-nous votre avis à vous !
      Bonne séance

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