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[Cinéma] Le Caire Confidentiel


 

Le Caire, janvier 2011, quelques jours avant le début de la révolution. Une jeune chanteuse est assassinée dans une chambre d’un des grands hôtels de la ville. Noureddine, inspecteur revêche chargé de l’enquête, réalise au fil de ses investigations que les coupables pourraient bien être liés à la garde rapprochée du président Moubarak.

Le titre français rend hommage au livre « L.A. Confidential » de James Ellroy et à l’adaptation cinématographique de Curtis Hanson. Avec son film,  Tarik Saleh  reste en effet dans la tradition du film noir, du thriller politique et du polar français des années 60/70. Il y a même la femme fatale !

L’Egypte est montré comme un pays  gangrené par la corruption où  chacun prend « l’enveloppe » et où tout le monde se tait. Noureddine est un héros  ténébreux vivant dans un petit appartement minable, même la télé ne marche pas (ah l’éternel cliché du policier solitaire !). Fares Fares a la parfaite « gueule » pour incarner le ripoux.

Au début il fait partie de ce rouage, on le voit traverser la ville qui est aussi sale et pauvre que sa voiture est cabossée. Il encaisse lui aussi, mais petit à petit il prend ses distances, dégouté de cette société et de ce pays. Le scénario met deux actions en parallèle.  Au moment du  soulèvement qui s’annonce autour de la Place Tahrir, Noureddine aussi fait de la résistance pour chercher la vérité autour de l’assassinat de la chanteuse. Il fait le lien entre les  logements insalubres des immigrés clandestins et les villas et les golfs luxueux de quelques privilégiés.  La mégapole à l’atmosphère lugubre est bien filmée, le rythme est soutenu par une bande son discrète mais efficace. Quelques scènes drôles comme celle où l’on assiste à l’initiation à Facebook allègent la grisaille dans tous les sens du terme. Mais cette scène a une dimension bien plus profonde lorsqu’on pense à l’importance des réseaux sociaux pendant les Printemps arabes !

Le film se termine par le début des manifestations sur la célèbre place Tahrir. Nous savons comment cela évoluera. C’est ainsi que les services de sécurité égyptiens ont refusé le tournage et fermé le plateau, le film fut donc réalisé à Casablanca.

A voir, aussi pour l’évocation d’un événement désormais historique. 

 

19 Comment

  1. Un grand film selon moi qui allie divertissement, un pur polar et l’immersion dans l’actualité et la réalité d’un pays où l’écart entre les riches et les pauvres est abyssal.
    Et Fares Fares, impeccable.

    1. Nous aimons le cinéma. Si en plus un film nous fait voyager ou nous apprend quelque chose, alors c’est encore mieux !
      Bonne fin de dimanche

      1. Nous avons beaucoup aimé ! Notre post ne semble donc pas bien traduire notre avis – un film bien fait, bien joué, efficace et en plus, intéressant par son contexte politique.

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