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[Cinéma] Personal Shopper – Olivier Assayas

Maureen, une jeune américaine à Paris, s’occupe de la garde-robe d’une célébrité.
C’est un travail qu’elle n’aime pas mais elle n’a pas trouvé mieux pour payer son séjour et attendre que se manifeste l’esprit de Lewis, son frère jumeau récemment disparu.
Elle se met alors à recevoir sur son portable d’étranges messages anonymes…

Nous avions gardé un très bon souvenir du précédent film d’Olivier Assayas,  Sils Maria , du jeu sur la répétition de théâtre dans le film et de l’affrontement des deux comédiennes. Nous étions impatientes de redécouvrir Kristen Stewart, toujours assistante d’une célébrité mais premier rôle d’un film qui a reçu le prix de la Mise en scène à Cannes. Notre déception est à la hauteur de notre attente.

Nous ne remettons pas en question le côté paranormal et fantastique du film. Comme souvent, plusieurs hypothèses sont possibles : elle est medium (si on y croit)/ elle est perturbée/ elle est l’objet d’un harcèlement. Nous acceptons donc les fantômes genre mollusques octopodes et les verres en lévitation. Mais lorsqu’on est censés être dans la réalité vraie on peut s’étonner qu’un cinéaste aussi confirmé se laisse aller à des invraisemblances ou des maladresses, autant de moments d’humour (involontaire) qui nous ont bien fait rire. Signalons les 2 sachets pleins de bijoux Cartier qu’elle trimballe sur son scooter, négligemment accrochés à l’épaule. On peut aussi se demander comment elle comprend le documentaire français sur les séances de spiritisme de Victor Hugo (Benjamin Biolay 🙂 ) alors qu’elle ne s’exprime jamais en français. On a bien compris l’addiction à l’Iphone  de la protagoniste, cet objet permet-il également de communiquer avec l’au-delà ou bien, explication plus pragmatique, l’amant de la célébrité intervient-il ainsi pour la manipuler ?

Enfin, et surtout, nous n’avons pas compris le lien réel entre le métier de Maureen, qui est le titre du film, et le reste du film. Est-elle vraiment compétente ou fait-elle ce métier par hasard ? Quel est le rôle des scènes d’achat de vêtements, accessoires et bijoux, le tout hors de prix, entre Paris en scooter et Londres en Eurostar, dans la dramaturgie ?

La séquence où elle transgresse l’interdit en s’habillant comme sa patronne est plus qu’attendue. Du luxe, du sexy, du gore, du fantastique, de l’historique ça part dans tous les sens. On a l’impression que le film a échappé au metteur en scène,  que celui-ci s’est perdu en cours de route dans sa propre complexité, ou alors nous n’avons rien compris…

Ici le diable ne s’habille pas en Prada mais en Chanel – n’oublions pas que Mademoiselle Stewart est l’une de ses égéries. 

21 Comment

  1. Je vais fuir ce film, je suis très mal à l’aise quand je ne comprends rien et je cherche pourquoi pendant des heures ou même des semaines entières. Donc, pour le repos de mon esprit, je vais rester sur les jolis films de noël que nous regarderons avec notre petite fille.

  2. est ce que l’originalité du sujet : revenir au spiritisme pour faire parler un mort et faire son deuil est possible aujourd’hui encore?
    Même ASSAYAS ne savait pas si ça pouvait faire l’histoire d’un film et visiblement pas grand monde peut concevoir qu’un réalisateur dont le talent est reconnu puisse autant se torturer l’esprit, même si le tournage à eu lieu en plein Paris au lendemain des attentats terroristes: « j’ai écrit porté par mon inconscient et je crois en cette méthode d’écriture » a-t-il dit, mais sans doute que le cinéma n’a pas cette capacité de filmer l’invisible ce qui est drôle parce que avec le flasback il montre qu’il est possible de revenir en arrière, sur le passé des personnages, choses que l’on sait impossible dans le réel.
    Pour ma part, je pense qu’il faut retenir ce film comme un exercice pour voir où se situent les limites du cinéma. Dans ce cas d’école, il a des chances de finir sous forme de problème soumis aux étudiants du cinéma , mais en aucun cas il n’aurait dû faire l’objet d’une sélection à Cannes
    Ps: la mode du luxe en pleine expansion incarne pour ASSAYAS (et d’autres) la prospérité du commerce qui s’oppose au spirituel; c’est un monde matériel qui brutalise les individus et aliène beaucoup de femmes, Non? on fait comme si le luxe et la beauté était la même chose.

    1. Nous avons dit que le film part dans tous les sens. Si on doit rajouter l’impact des attentats du 13 novembre cela fait une thématique supplémentaire.
      Si un des objectifs est de dénoncer la violence du commerce de la mode, il est à peine esquissé dans le film. Les images concernant le choix et le transport des tenues de luxe ressemblent plus à du placement de produit (lieux nommés, sachets portant en évidence le nom de la marque).
      D’après votre citation, le cinéaste dit suivre son inconscient. Il se lancerait donc dans une sorte d’écriture automatique qui justifierait, selon nous,le manque de maîtrise de son sujet. Voilà pourquoi, trop rationalistes que nous sommes, nous n’y avons pas compris grand chose !

  3. J’avais beaucoup aimé Sils Maria. Vu votre critique, je comprends pourquoi les festivaliers l’ont hué, et je passe mon tour. La bande annonce est donc mieux que le film.

    1. Mais quelle responsabilité – nous décourageons tout le monde ? Pourtant, nous aimerions bien lire l’avis de celui ou de celle qui a aimé ce film…

  4. Oh mince. Il était pourtant sur ma liste de films à voir. Merci pour votre retour. J’attendrai qu’il sorte en DVD … gros bisous
    Et je vous souhaite de très joyeuses fêtes de fin d’année.

  5. Bonjour,
    à la lecture de votre article, j’ai pu constater votre déception et elle s’apparente à la mienne.
    Un film décevant qui s’est concentré sur une égérie et qui a malheureusement été délaissé côté scénario.
    Dommage, l’idée de base était plutôt séduisante.
    Excellente soirée

    1. Une égérie ne remplace pas un scénario faible, c’est tout à fait notre avis ! Merci pour votre commentaire et Bonne soirée

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