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[Cinéma] Diamant Noir

Pier Ulmann vivote à Paris, entre chantiers et larcins qu’il commet pour le compte de Rachid, sa seule « famille ». Son histoire le rattrape le jour où son père est retrouvé mort dans la rue, après une longue déchéance. Bête noire d’une riche famille de diamantaires basée à Anvers, il ne lui laisse rien, à part l’histoire de son bannissement par les Ulmann et une soif amère de vengeance. Sur l’invitation de son cousin Gabi, Pier se rend à Anvers pour rénover les bureaux de la prestigieuse firme Ulmann. La consigne de Rachid est simple : « Tu vas là-bas pour voir, et pour prendre. » Mais un diamant a beaucoup de facettes…

Le film très noir du jeune cinéaste Arthur Harari nous plonge dans l’univers des diamantaires à Anvers. Ce cadre sert de prétexte pour mettre en scène un drame familial. Le spectateur sent qu’il va assister à une tragédie autour des non-dits et des secrets de famille mais le suspens persiste. Les premières images-choc sont le point de départ de la quête de vengeance.

La caméra, c’est « l’œil » omniprésent dans le film, détaille les diamants comme elle détaille les personnages qui évoluent, à l’instar du héros (Niels Schneider). Le diamant, magnifiquement filmé, est le symbole des multiples facettes de l’être humain, rien n’est jamais définitif, même les vérités peuvent avoir différentes facettes. La famille non plus n’est pas ce qu’elle semble être au premier regard. Personne n’est parfait, chacun a ses failles, le spectateur ne prend parti pour aucun personnage, aucun n’est attachant. La thématique d’une vengeance est certes très classique, mais ici le scénario de la vengeance élaboré par le héros lui échappe. La mise en scène et les acteurs de qualité donnent du relief. Chaque plan filmé a sa propre valeur, rien ne semble superflu, tout est précis et soigné, les paroles sont concises. On peut reprocher une certaine lenteur, mais elle permet d’imprégner le spectateur d’un monde qu’il ne connait pas, et la lenteur n’est en aucun cas ennuyeuse – on est loin du cinéma spectaculaire.

La ville d’Anvers ou Antwerpen (nous n’en dirons pas plus sur la signification du nom en flamand), les diamants, une famille juive avec son passé, les conversations en plusieurs langues, français, flamand et allemand, vérité et contre-vérité, la vengeance, tant de sujets pour faire un thriller original et très réussi !

26 Comment

  1. Entre livres à lire et film à voir un beau programme avec en prime l’envie d’une ville à découvrir bonne fin de journée à vous

    1. En fait, ce n’est pas un vraie visite guidée – il parait que c’est une très belle ville. Bon weekend

    1. C’est un thriller un peu spécial…et Anvers n’est peut-être pas montré sous ses meilleurs angles…Mais cependant, c’est un film à voir ! Bon weekend

  2. je crois que le cinéma c’est pas gagné pour moi à partir de maintenant … déjà qu’avant je manquais de temps mais là, avec la saison estivale ça va être pire … je pisterai à la télé !

    1. Vous aurez du temps en hiver pour des séances de rattrapage, à la télé, tranquillement installée chez vous ! Maintenant le travail vous appelle, du courage… 🙂

    1. Nous aussi – nous aimons, lorsque, à travers un film ou un livre, nous apprenons quelque chose ! Bon weekend

    1. C’est vrai, la ville a un véritable statut d’acteur dans ce film. Nous avons apprécié un film qui est très original !
      Merci pour votre avis et bon weekend

  3. J’espère pouvoir le voir avant qu’il quitte l’affiche. Anvers m’a laissé le souvenir d’une ville un peu glauque, comme toutes les villes portuaires, malgré la vieille ville et la maison de Rubens.

    1. Les villes portuaires ont en effet une réputation particulière. Nous en savons quelque chose nous qui n’habitons pas loin de Marseille !

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