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[Cinéma] Mustang

C’est le début de l’été.
Dans un village reculé de Turquie, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant avec des garçons et déclenchent un scandale aux conséquences inattendues.
La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger.
Les cinq sœurs, animées par un même désir de liberté, détournent les limites qui leur sont imposées.

Ça pourrait commencer comme un remake oriental des « Quatre filles du docteur March » – cinq sœurs joyeuses sont liées par l’affection, une tendresse charnelle et une grande complicité. Des filles comme chez nous, modernes, curieuses et excitées par leur jeunesse… pas des anges non plus.

Dans son premier film, féminin et féministe, la cinéaste turque Deniz Gamze Ergüven évite la charge du militantisme grâce à l’humour presque constant et quelques épisodes carrément comiques. L’histoire est racontée par la plus jeune des sœurs, Lale, une gamine délurée qui observe, juge et prend des initiatives. Même quand la comédie tourne au drame le rire reste présent, la vie continue pour mieux souligner le contraste entre la jeunesse éprise de liberté et le carcan des traditions.

Étonnant contraste entre une vie de gamines apparemment libres, cheveux au vent et le soudain enfermement dans la maison et des vêtements traditionnels alors qu’elles doivent se prêter à des mariages arrangés. Chronique d’une société prise entre modernité et archaïsme où les jeunes filles réagissent différemment, selon leur caractère. Leur espièglerie du début cède devant les injonctions familiales, sauf Lale, désarmante, petit Mustang rebelle.

Les jeunes et jolies actrices font une performance étonnante tout en conservant fraîcheur et naturel. La musique s’accorde parfaitement à l’ambiance générale de ce film intelligent et riche.

Malgré quelques invraisemblances dans le scénario, le rythme maintient le suspens, c’est pourquoi nous ne dévoilerons pas plus l’histoire… Dommage que ce film, qui a obtenu le prix  Label Europa cinéma à Cannes dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, n’ait pas été présenté dans la sélection officielle. Les critiques ont été unanimes à reconnaitre toutes les qualités de ce premier ouvrage.

Nous avons passé un excellent moment de cinéma. A voir !

28 Comment

  1. J’ai adoré ce film ! je l’ai trouvé prenant du début à la fin. On entre immédiatment dans l’histoire et on y reste longtemps après la fin du film !

    1. On partage très vite le quotidien de ces filles, et c’est vrai, après on continue l’histoire ! Merci pour votre passage chez nous

    1. Votre billet nous avait incitées à aller le voir, aussi nous avons guetté sa programmation chez nous. Un enthousiasme partagé donc.

    1. Nous non plus ne connaissons pas bien le cinéma turc mais s’il y en a d’autres comme celui-ci c’est encourageant. Bon week-end à vous aussi.

    1. Si vous le manquez au cinéma, vous pouvez vous rattraper soit à la télé, peut-être sur Arte, ou en DVD. Vraiment à voir

  2. Très chouette critique de ce film que j’ai beaucoup aimé aussi. Il m’a beaucoup fait penser à Virgin Suicides, avec une portée sociale plus forte et profonde. Le film ne serait d’ailleurs pas aussi touchant et poignant s’il n’avait un fond de -triste- vérité…

    1. Virgin Suicides était un très bon film, mais il reste une sorte de mystère tout le long, une ambiance troublante et troublée. Mustang par contre est plus linéaire, plus simple d’approche, plus gai au départ pour devenir poignant.
      Merci pour ce gentil commentaire et bonne soirée

  3. On a de bonnes surprises en ce moment avec des réalisateurs qui viennent d’Iran, du Liban et autres…. En espérant que la censure ne sera pas trop impitoyable et nous permettra de découvrir d’autres merveilles.

    1. Nous aimons beaucoup le cinéma iranien. Espérons en effet que le projet d’ouverture du pays concernera aussi le cinéma. Quant au cinéma libanais nous avions beaucoup aimé « Hors la vie » de Maroun Bagdadi, malheureusement décédé.

    1. L’histoire est très intéressante bien qu’il s’agisse toujours des problèmes des femmes dans ce genre de pays. L’interprétation est brillante.

    1. Nous avons trouvé que le « gentil tonton » était trop dans la caricature du méchant, et le contraste entre une éducation libre et la suite trop black and white. Cela ne nous a pas empêchées d’adorer ce film !
      Merci d’être passée et à bientôt

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