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Deutsches Echo Mood

[Mood] Retour aux sources – [Deutsches Echo] Heimkehr

Une visite dans ma petite ville d’outre-rhin, une ville typiquement allemande parce que partiellement détruite par les bombardements de la deuxième guerre mondiale et reconstruite à la hâte. Les constructions des années 50 et 60 ne sont pas des plus heureuses, heureusement il y a des bâtiments qui ont survécu comme la salle des fêtes Art Nouveau.

Alignements de maisons bourgeoises du XIXème.

L’ambiance Biergarten pour boire une bière mais surtout du vin, parce que c’est la plus grande région viticole allemande.

Ce n’est que depuis une trentaine années que l’on restaure et construit avec goût. De belles constructions modernes côtoient l’ancien.

Tout a changé. Il n’y a plus les soldats français qui étaient stationnés ici, ils étaient très nombreux, toujours à courir derrière nous, les petites allemandes,  il y en avait au moins 5 pour chacune ! Charmants mais collants. En plus repérables à distance avec leur coupe au bol de l’armée alors que nos compatriotes arboraient une longue tignasse très Seventies… Ce sont d’autres étrangers maintenant, une diversité nouvelle qui donnent un aspect multi-kulti à la ville.

Les vélos étaient là bien avant le velib, ils voyagent même dans le train, et les piétons ne traversent toujours pas au feu rouge même s’il n’y a aucune voiture à l’horizon – moi qui habite dans le midi de la France, je traverse, bien sûr ! Suis donc devenue une étrangère ?

On retrouve les mêmes magazines de culture générale…

Une visite dans ma petite ville allemande parce que je vais voir ma mère très âgée.

Des moments très touchants, elle ne sera pas là éternellement, on parle beaucoup, des instants « à sauvegarder » dans la mémoire de mon « disque dur » parce que je les sais éphémères. On regarde la télé dont elle monte le son au maximum… On évoque des souvenirs en feuilletant les albums.

Ce sont parfois des instants tristes, on n’a pas envie de voir ses parents vieillir, peut-être c’est aussi la projection de ce que nous serons dans quelques années.

La ville dans laquelle j’ai passé mon enfance et ma jeunesse n’est plus la même, j’ai perdu mes repères, je cherche un visage connu mais en vain, la plupart de ceux et celles de ma génération sont partis ailleurs, comme moi, et peut-être on ne se reconnaît même plus….Heureusement les réunions de famille et d’amis et les « Klassentreffen » (les réunions des anciens élèves) existent pour garder les liens.

Je me sens bercée par les souvenirs, je suis en transit, ce n’est plus mon chez moi, ce n’est plus  « meine Heimat ».

Ça y est, mon train franchit le Rhin, de retour…

 

Ein Besuch in meiner kleinen deutschen Heimatstadt,  einer typischen deutschen Stadt, weil sie im zweiten Weltkrieg teilweise zerstört war und dann in Eile wiederaufgebaut wurde – die Konstruktionen aus den  50er und 60er Jahren sind nicht gerade das, was man als schön bezeichnen würde. Gottseidank gibt es auch Bauten, die unbehelligt blieben wie die Festhalle im Jugendstil,

die bürgerlichen Wohnhäuser aus dem 19. Jahrhundert

Biergarten-Ambiente, um ein Bier, aber vor allem Wein zu trinken, denn es ist das grösste Weingebiet Deutschlands

Erst seit ungefähr 30 Jahren wird wieder geschmackvoll restauriert und gebaut. Schöne moderne Bauten harmonisieren mit alten. 

Alles hat sich verändert. Es gibt keine französische Garnison mehr mit den zahlreichen Soldaten, die immer hinter uns herliefen, pro Mädchen waren es mindestens 5 ! Charmant, aber einfach nicht abzuschütteln. Man konnte sie von weitem erkennen an ihrem Militär-Haarschnitt, denn die deutschen jungen Männer hatten eine typisch 70er Mähne… Andere Ausländer sind jetzt hier, ein neue Vielfalt, die der Stadt einen Mult-Kulti Aspekt verleiht.

Die Fahrräder gab es vor den französischen velip, sie fahren sogar im Zug mit, und die Fussgänger gehen immer noch nicht bei rot über die Strasse, selbst wenn weit und breit kein Auto zu sehen ist – ich wohne in Südfrankreich, ich überquere bei rot, bin ich also eine Fremde geworden ?

Man findet die gleichen Zeitschriften fürs Allgemeinwissen

Ein Besuch in meiner kleinen Heimatstadt, weil ich meine sehr alte Mutter besuche

Bewegende Momente, sie wird nicht ewig  sein, wir reden viel miteinander, Momente die ich auf  « meiner Festplatte »  speichern möchte, weil ich sie vergänglich weiss. Der Fernseher läuft auf höchster Lautstärke…wir blättern in Fotoalben, Erinnerungen kommen hoch.

Es sind auch traurige Momente, man sieht nicht gerne, dass die Eltern alt werden, vielleicht ist es auch die Vorstellung,  wie wir in ein paar Jahren sein werden. 

Die Stadt, in der ich meine Kindheit und Jugendzeit verbracht habe, hat sich verändert, ich habe meine Anhaltspunkte verloren, vergeblich suche ich ein bekanntes Gesicht, die meisten meiner Generation sind weggezogen, so wie ich, und vielleicht erkennen wir uns nur nicht wieder…Es gibt glücklicherweise Familienfeste und  Klassentreffen, um die Beziehungen aufrecht zu erhalten.

Ich wiege mich in Erinnerungen, ich bin auf der Durchreise, ich fühle mich nicht mehr zuhause hier, es ist nicht mehr meine Heimat.

Soeben fährt mein Zug über den Rhein, ich bin zurück…

36 Comment

  1. Merci de nous faire partager cette nostalgie si bien décrite. Il faut profiter de ses parents au maximum tant qu’ils sont encore là c’est vrai. Quitter le pays de son enfance et ses souvenirs est très réel pour moi qui l’ai vécu et j’ai été très touché par ce magnifique témoignage. Je suis certaine que vous êtes très heureuse dans votre nouvelle vie Marseillaise. A bientôt

    1. Je ressens cette nostalgie à chaque « retour au pays », et pourtant, je suis très heureuse ici, dans le sud de la France, ou je vis depuis pas mal d’années maintenant ! Vous aussi vous avez quitté votre pays ?

    1. Les retours permettent de retrouver les proches, mais aussi de se retrouver soi-même, parce que l’on a laissé une partie de sa vie !

    1. « Le retour aux sources » se fait moins souvent pour votre mari,la distance n’est pas la même. Il doit se sentir vraiment étranger dans un pays qui change !

  2. Si je retournais dans le village de mon enfance, j’aurai le même style de sentiments. Seulement mes parents n’y habitent plus : cela fait donc partie du souvenir.

  3. Je pense que toutes les personnes qui ont quitté leur région ou pays d’origine se retrouveront dans votre article.

    Merci pour ce beau témoignage à la fois très personnel et universel, car partis ou pas, nous avons tous quitté le pays de l’enfance …

  4. je n’ai jamais mis les pieds en Allemagne mais parfois, je rêve d’un peu plus de rigueur (Sud-Ouest, Sud-Est, même combat, les gens ne sont plus du tout civiques et encore moins disciplinés) mais surtout je trouve beaucoup d’émotion et une pointe de nostalgie dans votre beau billet !

    1. Méfiez-vous du cliché que les allemands sont plus disciplinés ! Mon grand-père dirait que l’Allemagne n’est plus ce qu’elle était…N’empêche, certains gestes restent, moins pour la discipline, mais plutôt dans un esprit logique. C’est gentil de partager l’émotion

  5. je n’ai plus mes parents depuis un petit moment donc je dirais qu’en effet, il faut profiter de votre maman tant qu’elle est là ! Sympas les réunions d’anciens élèves, ça ne se fait pas trop ici!

    1. C’est vrai, en France on ne fait pas trop de réunions d’anciens d’élèves, c’est très sympa de se retrouver comme avant. Nous, nous nous retrouvons régulièrement entre les bachelières, et croyez-le, on rigole bien…

  6. un très beau billet très touchant, j’y suis d’autant plus sensible que je vois avec appréhension vieillir terriblement et diminuer mon papa moins ma maman plus jeune et que cela m’oppresse tous ces instants que l’on grave en effet dans son disque dur … Je vous souhaite un bon weekend de Pâques

    1. Merci pour votre commentaire si gentil ! Nous vous souhaitons un beau week-end pascal, avec beaucoup de soleil, mais attention au chocolat…

  7. Je suis venue relire ce billet avec plaisir et émotion, et vous remercier.

    Je n’ai pas trop la nostalgie de mon enfance. Mais la mer me manque ici à Paris !
    En revanche, j’ai un peu la « nostalgie » de gens que je n’ai pas connus, et que j’aurais pu connaitre s’il n’y avait pas eu la guerre et si la trace de la famille de ma mère n’avait pas été perdue.

    1. Merci à vous de nous faire part de votre sentiment de nostalgie, bien plus fondé, grave et profonde que le mien ! Il vous restera toujours un grand regret. Passez un bon week-end et merci pour votre fidelité

  8. Ahhh les passages piétons!!! Que ce soit côté voiture ou côté piétons, nous ne sommes pas très soumis aux règles!!!!

    On sent comme un peu de nostalgie dans ce billet… Effectivement profitez de ces moments avec votre maman!

    Je ne suis jamais allée en Allemagne. Un jour peut-être.

  9. J’ai vécu quelque temps à Hambourg avec mon premier amoureux et je me rappelle qu’en effet, je me faisait vertement réprimander quand je traversais alors que le petit bonhomme était rouge et qu’il n’y avait pas u ne seule voiture à l’horizon. Venant du sud, tout cela était tellement nouveau pour moi.
    Votre billet m’a particulièrement touché car j’ai également une maman vieillissante pour qui le jour d’aujourd’hui n’existe pas et qui revit sa vie d’il y a 50 ans avec toutes les personnes qu’elle a aimées et qui nous ont quittés. Voici l’inconvénient d’avoir des enfants tard, je me retrouve avec une maman très âgée ! Je ressens la même nostalgie que vous non pas pour un autre pays mais pour la ville du Sud-Ouest de mon enfance où je suis restée jusqu’au bac. La vente de la maison familiale a été pour moi un véritable crève-cœur lorsque ma mère a du partir en maison de repos à 300 kms de là. Comme vous, je n’y connais plus personne (j’ai fait ma vie à Paris) et je m’y sens comme une étrangère.

    1. Beaucoup de gens gardent une nostalgie par rapport au lieu de leur enfance, tellement de souvenirs sont liés à cet endroit.
      J’ai une mère très âgée parce que j’étais la petite dernière…mais elle est en forme, encore autonome, et je peux avoir de vraies conversations avec elle.
      Par contre, je ne connais pas Hamburg, il parait que c’est une belle ville ; une bonne idée pour un petit voyage…

  10. Voir ces belles photos me donne envie d’aller dans une de ces petites villes allemandes! Ce que j’aime bien, c’est qu’elles sont propres! La dernière fois que je suis allée en Allemagne, c’était à Bad-Arolsen, à 30 mns de Kassel. J’ai voulu acheter des chaussures, impossible, le magasin ne prenait pas la carte bleue. Mais dans cette toute petite ville, il y avait quand même deux librairies, pas mal non?
    J’aime beaucoup les pages de l’album photo qui m’en rappellent d’autres et ces lignes en allemand. C’est bizarre, mais deux ans après son décès, il me vient souvent à l’esprit que je devrais téléphoner à ma mère. Comme si le deuil passé, la personne revenait à la vie.
    Merci pour ce beau billet!

    1. C’est vrai, c’est toute une histoire avec les cartes bleues, parce que les cartes bancaires en Allemagne ne sont pas toutes des cartes de paiement ; vous auriez du aller retirer du liquide dans un distributeur pour vous payer ces chaussures…
      Merci à vous pour votre commentaire si touchant

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