[Cinéma] YSL

Un week-end pluvieux et de bonnes criques, notamment celle d’ Instantanés futiles ,incitaient  à aller voir le film de Jalil Lespert.

On s’attendait à voir de bons acteurs, de beaux décors, de belles robes portées par de beaux mannequins, en somme un maximum de luxe dans cette période de crise.

Tout cela est au rendez-vous et surtout les deux brillants acteurs principaux, sociétaires de la Comédie Française. La composition tant attendue du talentueux Guillaume Gallienne, cheveux raides, comportement sérieux (rien à voir bien sûr avec son air juvénile et son sourire béat de « Les garçons et Guillaume à table », qui nous avait ravies), parfait dans un jeu tout en retenue. Pierre Niney, le prodige tant annoncé, saisissant de ressemblance qui incarne plus qu’il ne joue le rôle d’YSL.

Le fond historique, de la guerre d’Algérie aux années 80 en passant par mai 68 et la période hippie, nous rappelle la révolution des mœurs ainsi que la rapide évolution des goûts, des formes des corps eux-mêmes et des visages (quelle différence entre Charlotte Le Bon et son chignon et le look genre Marianne Faithfull de Marie de Villepin). Sur ce fond se déroule la déchéance du couturier génial mais torturé, jeune homme gauche et timide qui s’enfonce dans les addictions à la drogue, l’alcool et le sexe, toujours soutenu par son mentor Pierre Bergé, qui a maintenu le succès commercial de l’entreprise St. Laurent. Sans lui sûrement rien n’aurait pu exister. Le film insiste d’ailleurs un peu lourdement sur l’abnégation dont Bergé a fait preuve face au génie qu’il avait du mal à maîtriser, si bien qu’il tend parfois vers le panégyrique de l’homme d´affaires. Était-ce le prix à payer pour que gardien du temple autorise le film ?

C’est donc un film élégant : Comédie Française et haute couture font un ensemble plaisant à voir malgré la destinée tragique du personnage principal.

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