[Cinéma] Père et fils, mère et fils

Deux soirées cinéma, non pas dans le contraste, mais autour d’un même thème, la filiation !

 

Ryoata, un architecte obsédé par la réussite professionnelle, forme avec sa jeune épouse et leur fils de 6 ans une famille idéale. Tous ses repères volent en éclats quand la maternité de l’hôpital où est né leur enfant leur apprend que deux nourrissons ont été échangés à la naissance : le garçon qu’il a élevé n’est pas le sien et leur fils biologique a grandi dans un milieu plus modeste…

Le film de Kore-Eda Hirokazu nous a intéressées surtout parce qu’il montre la vie au Japon. Ce que l’on savait déjà : les espaces exigus, la dévotion au travail à travers le personnage du père, jeune cadre dynamique totalement absorbé par ses performances professionnelles, ambitieux pour son fils unique, l’enfant dans un système d’éducation très élitiste et exigeant et le partage de rôle classique avec la mère à la maison. L’autre famille est plus bohème et désargentée. L’environnement est  forcément moderne (une partie des nouvelles technologies a quand même été inventée par les japonais) mais les traditions sont respectées : le culte des ancêtres, les codes de la politesse. C’est un remake de « La vie est un long fleuve tranquille » dans ses aspects les plus dramatiques ; il y donc a un côté de déjà vu pour des français mais comme cela correspond à une angoisse assez courante chez les futurs parents, en sortant on est amenés à se poser la question (très théorique car la probabilité est infinitésimale) : qu’aurions-nous fait à leur place ?

En résumé, un bon film, quelques longueurs, et globalement un peu déçues par rapport aux critiques très élogieuses.

Le deuxième film est « Philomena » de Stephen Frears, que nous avons vu le lendemain.

Irlande, 1952. Philomena Lee, encore adolescente, tombe enceinte. Rejetée par sa famille, elle est envoyée au couvent de Roscrea. En compensation des soins prodigués par les religieuses avant et pendant la naissance, elle travaille à la blanchisserie, et n’est autorisée à voir son fils, Anthony, qu’une heure par jour. À l’âge de trois ans, il lui est arraché pour être adopté par des Américains. Pendant des années, Philomena essaiera de le retrouver.
Quand, cinquante ans plus tard, elle rencontre Martin Sixmith, journaliste désabusé, elle lui raconte son histoire, et ce dernier la persuade de l’accompagner aux Etats-Unis à la recherche d’Anthony.

La virtuosité de Stephen Frears rend encore plus évidentes les maladresses et les lourdeurs du film japonais. L’action dramatique est parfaitement menée dans l’amical affrontement entre deux personnalités que tout oppose au cours d’un voyage entre deux continents.

Nous avions vu le film-dénonciation « The Magdalena Sisters » de Peter Mullan sur les couvents irlandais qui ont été fermés seulement en 1996 et où de jeunes femmes qui avaient « péché » (telle Marie-Madeleine) étaient traitées comme des esclaves. Nous retrouvons ici la même ambiance dans ce milieu de jeunes filles condamnées à être des lavandières et à ne voir leur enfant que quelques heures par jour avant qu’on ne le leur enlève. La critique de l’intégrisme catholique qui a détruit des vies est virulente chez le journaliste, interprété par Steve Coogan, également co-scénariste et producteur, elle est bienveillante chez l’héroïne qui prône le pardon. Le film est un mélange de tristesse et d’humour. Deux excellents acteurs ; cependant Judith Dench nous a paru trop naturellement distinguée pour incarner l’héroïne working class mais peut être sommes-nous influencées par son rôle de M dans les James Bond.

Nous avons de loin préféré « Philomena », qui nous touche davantage que le film japonais, parce que c’est une œuvre complète : sensibilité, humour, humanisme et présence des acteurs.

23 commentaires

  • J’aime bien le cinéma de Stephen Frears d’autant plus que l’histoire me plait et la thématique aussi…entre 2 continents ! ;-)

    • admin dit :

      Entre deux continents …. et deux pays anglophones. Il est d’ailleurs intéressant d’écouter les différents accents et puis beaucoup d’irlandais ont émigré aux USA. Stephen Frears est vraiment un de nos réalisateurs britanniques préférés.

  • Dommage que vous n’avez pas plus apprécié « Tel père, tel fils », quant à « Philomena » j’espère y aller ce week-end! ;)

    • admin dit :

      Nous l’avons apprécié surtout pour le dépaysement et la comparaison avec le film de Stephen Frears à 2jours d’intervalle n’est pas vraiment à son avantage. Nous attendons votre avis si vous allez voir Philomena.

  • Colette dit :

    J’ai toujours aimé Stephen Frears.

  • Isa dit :

    Tel père , tel fils est un film de plus que j’ai envie de voir mais bon je ne pourrais pas tous les voir sur grand écran, il faudra forcement que je fasse des choix …

  • Dhelicat dit :

    J’ai eu comme une envie d’aller voir Philomena sûrement à cause aussi de l’affiche et de Judi Dench … Peut être ce week-end? Bises

  • christine dit :

    En ce moment, je ne vais plus au cinéma : le cinéma de Carnac est fermé pour un mois. Je note les films avec bonne critique et après je ferai en fonction de la programmation.

  • dasola dit :

    Rebonjour Matchingpoints, comme vous, j’ai préféré Philomena qui est un film qui m’a plus touchée. Bonne après-midi.

    • admin dit :

      Philomena joue aussi sur le registre de l’humour (british) et sur la spontanéité, quelquefois la naïveté, du personnage de Philomena et cela nous touche plus qu’aucun des personnages du film japonais.

  • Philomena n’est même pas programmé chez nous, j’enrage et je piste de semaine en semaine … mais bon, là, je n’y crois plus guère ! Bon WE.

  • Je vais aller voir Philomena, merci mesdames de me donner des idées
    Gros bisous

  • Polina dit :

    Pas de pluie à l’horizon pour l’instant mais pourquoi pas un ciné après tout ? Comme vous le dites, c’est une aubaine, mais peut-être pas pour ce film cette fois-ci.

  • auroreinparis dit :

    Le second film ne m’a pas attirée en salle, j’avais peur de m’ennuyer.
    En revanche j’ai beaucoup aimé le 1er, mais je n’en avais rien lu. Dommage que vous ayez été déçues.

    • admin dit :

      La comparaison entre le film japonais et le film britannique ne nous a pas semblé à l’avantage du premier ; question de différences culturelles peut-être. De plus Philomena n’est pas du tout ennuyeux car il mélange plusieurs époques et joue sur plusieurs tonalités, de ce point de vue-là le film japonais est plus monocorde.

  • K dit :

    Nous n’avons pas vu Philoména. Cela me paraît délicat et périlleux de comparer deux films dont le registre est différent, notamment culturellement, non ?

    Nous avons adhéré à Tel père tel fils sans aucune réserve.
    Toujours est-il que c’est un très beau film, fin et bien mené.
    Aucun longueur : le cinéaste prend le juste temps de matérialiser l’évolution, le bouleversement intime de chacun. Père/ fils enfant /parent cela peut parler à chacun.
    Recommandé sans réserve !

    • admin dit :

      C’était à nos risques et périls que nous avons comparé ces deux films.. le même thème et le hasard du calendrier !
      C’est un bon film, comme nous l’avons dit, d’ailleurs nous adorons le cinéma asiatique en général, nous aimons voyager à travers les films et voir les différences de cultures, mais Philoména nous a plus touchées, tout simplement.

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