[Expo] Arts décoratifs en trompe l’oeil

On ne peut pas passer la fin de l’année à Paris sans se laisser tenter par une expo, surtout si celle-ci en est à ses derniers jours. Le Musée des Arts Décoratifs, un des rares musées de Paris a être ouvert le mardi (à noter), proposait depuis 2012 et jusqu’au 5 janvier 2014 une exposition sur le thème du trompe l’œil. Il était temps d’aller la voir !

Intitulée  « Trompe-l’œil. Imitations, pastiches et autres illusions », elle mettait en scène différents arts et époques sur différents supports.

Les photos étant autorisées, nous n’avons pas résisté au plaisir de faire notre choix-photo parmi les œuvres proposées.

« L’armoire  surréaliste » de Marcel Jean (1900-1993)

Marcel Jean a transformé une armoire en objet insolite. Chaque porte est ornée de vantaux et tiroirs à ouvertures multiples qui laissent entrevoir un paysage vallonné et l’horizon.

Le Semainier Lanaken Inverno en marqueterie de bois. Œuvre du désigner italien Ettore Sottsass (1917- 2007) qui renoue avec les marqueteries de la Renaissance italienne,

tout en créant des perspectives illusionnistes inspirées d’autres artistes italiens du XXe siècle : Gio Ponti ou Giorgio de Chirico. Les sept tiroirs superposés peuvent pivoter et former ainsi de nouveaux motifs.

Le voici par exemple « reconstitué » (© Les Arts Décoratifs / photo : Jean Tholance)

CECI N’EST PAS UNE PERIOD ROOM

Une period room est une reconstitution d’un décor intérieur illustrant une période donnée. Ce décor fictif créé de toutes pièces est composé d’éléments provenant des périodes diverses allant du XIXe siècle avec des papiers peints en guise de draperie, d’un ensemble de mobilier en papier mâché, voire de stickers contemporains plastifiés

Si les surréalistes et autres mouvements contemporains se sont intéressés au trompe l’œil n’oublions pas que son heure de gloire fut à l’âge baroque et trouva une de ses expressions favorites dans l’anamorphose par exemple l’Anamorphose de l’Europe d’Elias Baeck (1679-1747). L’anamorphose est un jeu optique imaginé à la Renaissance et résulte de recherches scientifiques menées sur la perception optique et sur la mise au point de la perspective. C’est, selon l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, une « projection monstrueuse » ou une « représentation défigurée de quelque image ». Les aquarelles d’ Elias Baeck représentent la personnification des continents sous forme d’anamorphoses. Elles nécessitent un instrument permettant d’appréhender sa présentation optique, le miroir utilisé sous forme de cylindre, il recompose l’image qui devient plus lisible.
Divertissement optique, pur exercice de virtuosité formelle, l’anamorphose peut aussi dissimuler un sujet comme celle réalisée pour une affiche de l’association AIDS.
La vaisselle est présente avec des terres mêlées du potier uzétien Pichon,
ou ces sortes de barbotines inquiétantes.
On peut tromper l’œil avec des vêtements : faux-culs et vertugadins
que l’on retrouve chez un styliste contemporain comme Tan Giudicelli
Et pour finir les cheveux. Loin de recourir à l’artifice de la perruque, que ferions-nous sans les colorations, mèches et autres permanentes ?!
C’est avec un grand plaisir que nous sommes entrées dans le jeu des illusions au Musée des Arts décoratifs.

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