MATCHING POINTS

Pour les femmes mais pas seulement...
Ciné, TV, Radio

[Cinéma] The Lunchbox et Le loup de Wall Street

Il faut le faire, voir à un jour d’intervalle, deux films diamétralement opposés !

Pour commencer, un film tout en douceur, The Lunchbox de Ritesh Batra

Ila, une jeune femme délaissée par son mari, se met en quatre pour tenter de le reconquérir en lui préparant un savoureux déjeuner. Elle confie ensuite sa lunchbox au gigantesque service de livraison qui dessert toutes les entreprises de Bombay. Le soir, Ila attend de son mari des compliments qui ne viennent pas. En réalité, la Lunchbox a été remise accidentellement à Saajan, un homme solitaire, proche de la retraite. Comprenant qu’une erreur de livraison s’est produite, Ila glisse alors dans la lunchbox un petit mot, dans l’espoir de percer le mystère.

C’est un film qui parle de la solitude – il se passe en Inde, mais cette solitude peut se transposer dans n’importe quel pays, dans n’importe quelle ville. Elle ressort par contre encore plus dans ce pays avec ses mégapoles et ses foules innombrables d’habitants. Nous vivons le quotidien d’une femme de la middleclass indienne et d’un veuf. Loin du cinéma bollywoodien, tout est en douceur et en nuances. C’est presque un huis-clos, la cuisine en est le point central. Les plats préparés avec tant d’attention deviennent des messages de déception, d’amour, d’espoir, les parfums des épices semblent remplir la salle, on a envie de partager les repas !

Même la fin reste en nuances, rien n’est définitif. Il ne se passe rien d’extraordinaire et pourtant, on est saisi par cette douceur nostalgique ; nous étions transportées, comme nous aimons, dans un autre pays. Le veuf, encore bel homme, qui a beaucoup de dignité et de classe est plus âgé que l’héroïne, une belle jeune femme. On aimerait tant qu’ils se retrouvent…

Et le deuxième film, un véritable rouleau compresseur, est le dernier ScorseseLe Loup de Wall Street

L’argent. Le pouvoir. Les femmes. La drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan et de sa meute, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez…

Mais quel film ! On passe trois heures de folie, les images, les acteurs, l’action ! En sortant, on en a pris plein les yeux. Tout est trop, too much, et pourtant, quel film fabuleux.

On est dans le monde de l’argent, l’argent par tous les moyens, et il n’y a pas de limites pour l’obtenir et pour le dépenser. Une décadence de valeurs, ou comment rentrer dans une secte où il n’y a qu’un seul dieu, l’argent ! C’est l’excès dans le luxe, des orgies, des belles femmes, la drogue, le tout dans un langage  d’obscénité permanente. Ce film est à voir absolument en VO ! Dans « Les Affranchis » c’était le même genre de récit d’une chute annoncée. Ici il n’y a pas de violence, le sexe et la drogue (bien servis par la bande-son) accompagnent le héros, mais ce loup- là ne s’avoue  jamais vaincu…

Et les femmes dans tout ça ? Elles sont uniquement des objets, des objets de plaisir, de façade et de décor, et certaines sont même pitoyables.  Dans un monde misogyne à l´excès, elles n’ont aucun autre rôle à jouer.

Leonardo di Caprio est un habitué des performances, là il est époustouflant !

40 Comment

  1. Vous êtes de vraies cinéphiles à voir deux films très opposés dans leur style à la suite ! Moi, il me faut un peu de temps pour en digérer un avant de pouvoir apprécier le suivant ! Je n’ai vu et ne verrai probablement aucun des deux par manque de temps…
    Bon weekend

    1. Le cinéma est une de nos sorties préférées, comme vous pouvez le constater, mais peut-être au détriment d’autres loisirs. Et vous, vous avez d’autres préoccupations en ce moment…Bon courage pour votre déménagement

  2. J’avoue être assez paresseuse et ne pas aimer me déplacer j’attends souvent la sortie en DVD pour me faire plaisir de mon canapé ce qui n’est pas du tout pareil, mais la j’ai programme daller voir le loup de wall street qui semble vraiment super! Bonne fin de journée et bon dimanche à vous

    1. Mais nous aussi apprécions de temps à autre le canapé…The Lunchbox par exemple pourrait très bien se regarder à la maison, c’est une film intimiste. Le Loup de Wall Street mérite davantage la grande salle, tellement les images et la musique vous prennent en otage.
      Un bon week-end à vous aussi !

    1. Il y a quelques longueurs certes mais ça passe très bien. C’est tout un programme pour une soirée ou un après- midi pluvieux. Bonne soirée

  3. Je n’ai vu que « Le Loup de Wall Street » et je dois avouer que je n’ai guère senti le temps passer. Il est vrai que ce film donne à réfléchir à bien des égards car il dépeint sans complaisance le monde de requins que l’on rencontre dans la haute finance. Cependant, entendre le mot « f…ck » dans presque toutes les répliques a fini par m’exaspérer. A moins que le réalisateur ait voulu souligner par ce biais le manque d’éducation de base dont faisaient preuve tous ces nouveaux riches, ces parvenus sans foi ni loi ?

    1. En regardant les films américains en VO, on se rend compte que leur vocabulaire ordurier est bien plus limité ! Notre éventail est beaucoup plus large, d’où cette répétition sans cesse de ces quelques mots.
      Le réalisateur a par ce biais encore plus souligné le côté « plouc » de ce milieu de nouveaux riches, et il a réussi !

  4. J’ai vu Lunch Box et ait également beaucoup aimé ! Quand au Loup de Wall Street, je devrais y aller demain , profiter d’une après midi calme et grise pour m’aérer la tête ….

    1. Non, il y avait tout de même une journée d’intervalle ! D’ailleurs, cela aurait été dommage de ne pas savourer chaque film. Dommage pour votre cinéma, il vous reste la lecture et le petit écran !
      Bonne soirée

  5. J’avais repéré l’affiche de Lunchbox dans le métro lorsque j’étais à Paris. Je crains fort hélas qu’il ne passe jamais dans ma ville. En revanche, vu hier « Le Loup » (en VF forcément – on est en province). Trop fort! Je n’ai également pas vu le temps passer. Mon fiston était avec moi. Cela faisait une éternité que nous n’étions pas allés ensemble au cinoche. Aussi devant l’amoncellement de tapins et de coke, j’ai été au début embarrassée. Vieux réflexe alors que c’est un grand garçon maintenant. J’ai compris alors son enthousiasme lorsque nous lui avions proposé de venir avec nous : « ah oui! il parait qu’il est trop cool ce film…  »
    C’est l’effet « tapins + coke ».

    1. Il a du se régaler le fiston…finalement nous devrions le regarder aussi en français pour savoir comment ils ont traduit tous les « gros mots » !…
      Dommage pour « The Lunchbox », peut-être passera-t-il chez vous dans quelques jours et il n’existera sûrement pas en VF !

  6. Comme c’est pas la moralité qui étouffe les loups, on a appris que le loup en question depuis le succes du film a décidé de se relancer dans les affaires en commençant par commenter dans un livre son aventure . Y a encore des pauvres bougres à escroquer?
    Sinon  » philoména » qui sort cette semaine est un film britanique pas dénué ‘humour » qui mérite le déplacement.

    1. C’est bien pour cette raison que nous avons dit dans notre post « mais ce loup- là ne s’avoue jamais vaincu… »!
      Merci pour votre conseil, nous avons déjà noté « philoména », ne serait-ce que pour Stephen Frears et Judi Dench. Par contre, nous ne trouvons plus « Tel père, tel fils » à l’affiche, zut, nous l’avons loupé !

  7. J’ai vu « The Lunchbox », j’ai beaucoup aimé ce film que j’ai trouvé très sensible et très subtile.

    Ma fille de 9 ans était avec moi et a beaucoup aimé aussi. La VO ne l’a pas dérangée, elle ne s’est pas ennuyée mais aurait préféré un « happy end » à l’américaine … Normal pour son âge !

    Trois jours après avoir vu le film, on est allées manger dans un restaurant indien car le film nous avait mis l’eau à la bouche !

    1. C’est très bien d’emmener les enfants aux cinéma en leur montrant d’autres films que les films classiques « pour enfant ». Nous aussi aurions aimé ce happy end…

  8. bonsoir à vous deux,
    The Lunchbox, je ne l’ai pas encore vu maisil joue dans mon ciné de quartier la semaine prochaine, c’est prévu que j’y aille avec ma compagne qui n’aime rien que les comédies romantiques…et celle ci devrait etre sublimée par l’aspect exotique de son décor… quant au loup de Wall Street je ne devrais pas le rater non plus, Scorsese oblige, même si je me demande si je n’ai pas eu ma dose de Jordan Lefort moi avec le bouquin :o)

  9. Bonjour, pour The Lunchbox, comme vous, il faudrait que les deux se retrouvent: très jolie histoire. Concernant Le loup de Wall Street, oui, c’est un rouleau compresseur pendant 3 heures: je l’ai vu, je ne suis pas sûre de le revoir car car l’histoire ne fait vraiment pas rêver et une fois de plus, les personnages féminins sont un peu des faire-valoir. Cela n’empêche que ce film est brillant. Bonne journée.

    1. Bonjour, on voit les matinales…vous avez raison, le film de Scorsese n’est pas un film à regarder deux fois de suite. Peut- être dans quelques années on se laissera de nouveau embarquer, mais pas avant, tout ça ne fait vraiment pas rêver. Bonne journée

    1. Il y a des longueurs, d’où votre sentiment d’ennui, et ça manque peut- être de finesse. Mais qu’elle description d’un monde que nous ne connaissons pas et que nous n’avons envie de connaître !
      Bonne fin d’après- midi !

  10. Je les ai vu tous les deux et je les ai beaucoup aimé, ils figurent tous les deux dans mes favoris cette année, chacun à leur façon.
    En tout cas, on a bien terminé l’année ciné 2013 !

  11. Je l’ai vu ce matin (à Paris, on a des séances dès 9h!). Di Caprio fait une performance, mais on retrouve les obsessions de Scorsese : la drogue par kilos, les pépés blondes, les hommes surexcités. Je ne me suis pas ennuyée mais ça ne m’a pas intéressée. J’aurais été chez moi devant un dvd, je l’aurais arrêté au bout d’une heure et même avant. J’avais préféré Margin Call dont j’avais parlé sur mon blog : http://www.niftyfifty-and-the-city.com/margin-call-dirty-sexy-money/ avec Kevin Spacey.

    1. Même si Martin Scorsese brode souvent sur les mêmes thèmes que vous citez (et ici l’excitation est à son comble!), nombre de ses films continuent à nous bluffer. Depuis les années 80 et la découverte de l’univers impitoyable des traders, chacun a exploité ce filon à sa manière, Scorsese en donne une représentation sûrement plus outrancière que le film avec K.Spacey mais sa façon d’aborder le thème de la perdition, de la grandeur et de la décadence à travers le personnage excessif de Di Caprio nous a une fois de plus épatées.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.