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[Cinéma] Ciné du samedi soir

L’une est allée voir « Un château en Italie »,

 

 

Nostalgie et deuil chez les Bruni-Tedeschi. Carla en avait fait une chanson :

Salut marin bon vent toi
Tu as fait ta malle, tu a mis les voiles
Je sais que tu n’reviendras pas…

Salut marin, bon vent à toi
J’te dis bon vent, mais ça m’fait mal
Car marin tu emportes avec toi
Toute notre enfance de cristal
Et notre jeunesse de miel…

Valeria en a fait un film... Même si « Un château en Italie » raconte la rencontre d´un nouveau compagnon et la quête d´une maternité tardive,  le fil rouge en est la maladie et la mort du frère sur fond de vente d’un patrimoine familial.

Louise a 43 ans, pas de mari, pas d’enfants et pas de travail, au grand dam de sa mère, femme aimante mais envahissante. Comédienne au statut précaire, Louise adore sa famille, de grands bourgeois italiens, immigrés en France à l’époque où les Brigades Rouges les menaçaient d’enlèvement. En pleine crise existentielle, Louise tombe amoureuse de Nathan…

Valeria Bruni Tedeschi a tourné entre la France et l’Italie, entre deux langues, entre deux âges, entre deux modes de vie. Elle transforme des éléments autobiographiques douloureux ou cocasses pour réaliser une tragi-comédie à la fois émouvante et burlesque. Un mélange qui rythme ce film soutenu par des comédiens impeccables dont Filippo Temi qui interprète Ludovico-Virginio.

 

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L’autre « La Venus à la fourrure ».

 

C’est un film tiré d’une pièce de théâtre à succès de David Ives, elle-même tirée du célèbre roman de Sacher Masoch, fondateur du SM.

Seul dans un théâtre parisien après une journée passée à auditionner des comédiennes pour la pièce qu’il s’apprête à mettre en scène, Thomas se lamente au téléphone sur la piètre performance des candidates. Pas une n’a l’envergure requise pour tenir le rôle principal et il se prépare à partir lorsque Vanda surgit, véritable tourbillon d’énergie aussi débridée que délurée. Vanda incarne tout ce que Thomas déteste. Elle est vulgaire, écervelée, et ne reculerait devant rien pour obtenir le rôle. Mais un peu contraint et forcé, Thomas la laisse tenter sa chance et c’est avec stupéfaction qu’il voit Vanda se métamorphoser… 

C’est un huis-clos, mais Roman Polanski réussit à filmer le théâtre sans faire de théâtre filmé, et pourtant seulement deux acteurs et aucun changement de décors ! C’est un délire drôle et léger au départ pour devenir plus  sulfureux et dérangeant, un  jeu de domination et d’humiliations, on glisse entre fiction et réalité dans une mise en abyme qui implique le metteur en scène lui-même.

Emmanuelle Seigner est belle, parfaite en bimbo vulgaire qui se révèle être au contraire une vraie manipulatrice, Mathieu Amalric parfait aussi en metteur en scène égocentrique et fragile. La ressemblance avec Polanski jeune est impressionnante. Madame Polanski à la ville et Amalric quasi sosie de son mari jeune introduisent une ambigüité qui va au-delà de la simple reprise filmée d’une pièce de théâtre. C’est là que nous retrouvons tout le talent de Roman Polanski.

Il y a des films qui vous laissent un sentiment mitigé en sortant. Un bon film ? D’un certain point de vue oui, avec de bons acteurs, c’est bien filmé, mais il laisse un trouble, par rapport au sujet pervers et malsain. Mais reconnaissons que c’est brillant !

 

 

20 Comment

  1. Le premier dont j’avais parlé sur mon blog a du charme. J’hésite pour le 2d. Je n’aime pas plus que ça Madame Polanski même si Amalric est un très bon acteur.

    1. Nous avions lu votre post.
      Madame Polanski joue très bien, Amalric bien sûr aussi. Mais vous pouvez regarder le film chez vous aussi, lorsqu’il passera à la télé, confortablement installée sur votre canapé !

  2. Juste pour Polanski j’irai voir ce film, je n’en ai jamais raté un … pas toujours avec le même bonheur mais toujours avec la même conviction.
    Polanski ne laisse personne indifférent, on adore ou on déteste… en ce qui me concerne j’adore.

    1. Polanski est un cinéaste exceptionnel ! Nous avons apprécié la plupart de ses films et nous irons voir les autres à venir. Merci pour votre visite

  3. j’ai lu votre lien en commentaire sur mon article du jour…c’est vrai qu’on ressort de la salle avec un sentiment étrange qu’on a du mal à appréhender, mais après quelques heures de réflexion je me suis dit que ce sentiment de trouble était un point à mettre au crédit du film car c’était totalement le but de Polanski et il y arrivait parfaitement bien…. personnellement je pense vraiment qu’il faille le voir en salles ( bon c’est vrai que dans l’absolu meme le plus petit téléfilm je le verrais en salles moi :o) car carnage que j’ai vu la à la TV ne m’avait pas du tout produit le meme effet et c’est lié je pense au fait qu’au cinéma on sent ce malaise bien plus profondément qu’à la TV ou on a des échappatoires plus facilement…bonne fin de journée à vous mesdames…

    1. C’est gentil d’être passé nous voir !
      Il est vrai que Polanski aura réussi à nous mettre mal à l’aise, il connait son métier…
      On ne peut comparer une projection en salle à une séance à la télé, confortablement installé sur le canapé, mais bien moins concentré.
      A bientôt

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