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[Cinéma] Heimat I et Heimat II

Encore un film ? Oui, c’est le hasard de la programmation, et  la partie germanique de matchingpoints est trop heureuse de voir un film allemand ! Le film au départ dure quatre heures,  en France on a préféré le couper en deux films. Nous avons respecté l’idée première en regardant les deux  films en une après-midi.

Que veut dire  Heimat ? Il n’existe pas un mot équivalent en français. Il peut désigner le pays ou  le village ou la maison où l’on a grandi, où l’on est  chez soi ; il y a donc une connotation nostalgique.

Il y a déjà eu Heimat 1,2,3,  une chronique  de plus que 50 heures  qui racontait la vie d’une famille de paysans de 1919 à 1982, dans le  village de Schabbach  en Rhénanie Palatinat, relatant  trois époques importantes de l’histoire allemande. Lors de  sa diffusion à la télévision en 1984, elle battit les records d’audience en Allemagne. Ce nouveau Heimat est donc une sorte de prologue de la trilogie, mais  est une entité et peut être regardé seul.


 

1842-1844, L’histoire de la famille Simon. Johann le père forgeron, Margret la mère, Lena la fille ainée, Gustav et Jakob les fils, Jettchen et Florinchen leurs futures épouses. Les coups du destin risquent de détruire cette famille mais c’est une histoire de courage et de foi en l’avenir… 

La vie au quotidien est dure et rude, nous pensons à « L’Arbre aux sabots » dans sa déscription du monde rural, la famine et les maladies menacent en permanence et  la mort côtoie la vie de tous les jours. Nous l’avouons,  nous avions la larme à l’oeil, tant l’émotion est forte par moment ! Au milieu se trouve Jakob, le rêveur, l’intellectuel, qui a appris tout seul plusieurs langues …Il veut émigrer comme des milliers d’Allemagne, il rêve d’une meilleure vie. C’est lui le narrateur, le romantique, souvent incompris par son entourage ;  il  tient un journal et nous lit ses notes dans un allemand très littéraire par rapport au patois que les villageois parlent.

Mais le film n’est pas que tristesse – il y a aussi la fête du village, des instants de bonheur simple.

Edgar Reitz est aussi un historien en plus du cinéaste ; il vient de cette région, dont 90 % de la population  a émigré au milieu du 19 ième siècle. Les notions de liberté après l’occupation des soldats napoléoniens, l’industrialisation naissante, les conflits des religions et l’émigration, sont des sujets traités à travers l’histoire de ce village en réalité fictif. On s’attache aux personnages, il y a même un suspens, donc nous n’en dirons pas plus…

Réservez votre soirée, ne vous laissez pas décourager par  une musique pénible selon nous – ce sera d’ailleurs notre seule critique – par la  lenteur parce qu’elle a sa place ici, mais appréciez la superbe photo en noir et blanc, très graphique, égayée par quelques rares pépites de couleurs,  et suivez cette fresque de 4 heures qui vont passer comme un rêve…

C’est un chef d’oeuvre !

26 Comment

  1. J’aime beaucoup ces films, comme des fresques en effet, pour se plonger dans une époque historique. Je connais peu l’Allemagne et ce serait une belle occasion de mieux découvrir son histoire. Parfois, le noir et blanc est nécessaire et sert mieux le propos, au lieu de se laisser distraire par des artifices. Merci beaucoup pour cette nouvelle suggestion et bonne semaine !

    1. Les photos sont vraiment magnifiques. Le film dépasse le cadre de l’Allemagne et son histoire pour nous montrer le monde paysan, certainement valable pour d’autres régions.
      Si vous avez l’occasion, allez-y
      Bonne semaine

    1. Ce n’est pas une comédie légère, certainement pas, mais c’est beau ! Vous qui aimez la belle photo ! Mais il y a de moments, où l’on a envie d’autres choses. On le comprend
      Bonne journée

    1. Mais aurait-il la patience ??? Mais c’est bien qu’il s’intéresse à l’histoire
      Bonne journée en espérant qu’il n’y a pas tempête dans votre coin !

  2. Oui j’ai vu  » Heimat » programmé dans l’UGC, j’ai pensé à vous, mais 4heures de film, même découpé en deux, ça me décourage. A ce titre, je n’ai toujours pas vu La vie d’Adèle !

    1. Vous n’êtes pas la seule que la longueur du film découragé…Nous n’avons pas encore vu ‘La vie d’Adèle’, un film long aussi. Mais ce n’est pas tellement la longueur qui nous fait hésiter, mais tout ce qui tourne autour du film qui nous fait hésiter.

  3. Même si j’ai tendance à être plus distraite face à des films en noir et blanc, je me laisserai bien tenter par celui-là, car les photos sont vraiment extras ! La longueur du film m’incite quand même à le visionner plus tard…

    1. Tort ? Nous avons tous nos préférences, nos goûts et aussi nos priorités, alors !
      Ca y est, l’automne semble s’installer. Bonne journée

  4. J’achèterai certainement le DVD car c’est assez rare en fait les films allemands et j’aime bien ne pas les rater. Avez-vous vu Rush? Et Sherif Jackson? Ces « films à testostérone »… 😉

    1. Mais ne soyez pas étonnée si vous ne comprenez pas tout, le patois n’est pas toujours facile à comprendre !
      Non, toujours pas vu vos « films de mec »…

  5. Bonjour, j’ai vu les deux films à la suite hier après-midi: très beau. J’ai surtout aimé la 2ème partie qui m’a paru moins contemplative. On s’attache à tous les personnages et on aimera bien connaître la suite de la vie de Jakob et des autres. Les touches de couleur qui émaillent le film sont très belles. Bonne après-midi.

  6. Ce réalisateur de 80 ans est une découverte pour beaucoup d’entre nous il a d’abord mis en images 2000 pages écrites en exil sur sa famille, puis il en a fait 3 séries pour la télévision allemande qui l’a rendue célèbre dans son pays et à présent , 30 ans plus tard,un film de 4 heures en 2 parties ! Comme on dit il a de la suite dans les idées mais ce qui est intéressant c’est qu’avec ce travail il a réussi à ce que les allemand acceptent de regarder leur passé car comme il dit aussi ils ont tendance aujourd’hui a oublier que eux aussi ont été des peuples d’émigrés.

    1. L’Allemagne a toujours été un pays d’émigration, et maintenant, pour la première fois dans son histoire, ce pays est devenu un pays d’immigration. Vous avez raison, Edgar Reitz fait un travail de mémoire à travers ce petit village. Quelle réussite !

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