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[Coup de gueule] La génération Sandwich

Après avoir été la génération du baby boom, nous sommes maintenant la génération Sandwich – il paraît que c’est  le terme que donnent les sociologues à cette tranche d’âge qui a déjà des petits enfants, et encore ses parents. Les enfants enfin indépendants vivent leur propre vie.  Mais ce n’est pas pour autant que nous sommes libres : d’un côté on nous appelle pour garder les petits, de l’autre  il y a aussi les papis et mamies dont il faut s’occuper.

Nous, les Matching Points, nous avons de la chance ; nous avons bien des petits enfants et encore des mamies bien valides, mais on n’abuse pas de notre bienveillance. Nous sommes là pour eux quand il le faut, quand ils ont besoin de nous, mais nous profitons bien aussi de notre temps libre … pour preuve nos nombreux articles sur les récits de nos voyages et loisirs !

Ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Nous avons des copines qui, elles, sont totalement prises en sandwich, rarement dispo pour une sortie, leur emploi du temps est rythmé la semaine par les gardes du mercredi, les sorties d’école et les visites aux parents vieillissants, quant au week-end les enfants qui habitent des villes voisines débarquent ou bien les enfants-parents économisent la baby-sitter du samedi soir en les appelant à domicile. Bien sûr, elles les aiment, les petits et les parents, mais elles sont toujours débordées et donc fatiguées, loin d’être les grand-mères épanouies que l’on présente dans les pubs. Elles revivent leur vie d’avant tiraillées entre enfants-boulot-dodo mais avec 30 ans de plus.

Et pourtant, elles ne disent rien. Les enfants exagèrent, abusent, et elles subissent. Ce manque de franchise est un non-dit gênant et on ressent souvent un malaise qui s’installe au sein de la famille qui subit, entre stress et culpabilité, une forme de chantage affectif.  Si jamais les grands-parents refusent de rendre service, leurs enfants les considèreront comme égoïstes. Mais ces enfants-parents qui ne veulent renoncer à rien, ni loisirs ni carrière, que feront-ils plus tard, lorsque à leur tour ils feront partie de cette génération sandwich ?

Tout ça est encore plus évident en période de vacances. Les maisons dans le Sud deviennent des pensions bon-marché, les enfants sont gardés, nourris et blanchis, et après les vacances, au moment de la rentrée, ce sont les mamies qui auraient  besoin d’une cure, sauf que… la vie normale recommence et avec ça les mercredis, les week-ends et bientôt les vacances d’automne…

Et vous, êtes vous victimes vous aussi du syndrome sandwich ?

 

 

32 Comment

  1. Je veille à me préserver et à ma protéger car j’ai, à mon sens, déjà beaucoup donné. Mes parents sont encore très alertes et dynamiques quant à mes enfants, ils sont prévenus que les gardes ne se feront que pour le plaisir ou les cas d’extrême urgence. C’est entendu d’avance comme avec mes parents si un jour, ils deviennent moins autonomes.
    Mais, c’est tellement vrai cette génération qui ne souffle guère et se bousille l’existence !
    Bel article, Mesdames, comme d’habitude !
    Bonne journée

    1. Merci pour le compliment. Vous avez su poser d’emblée les limites à ne pas franchir, vous évitez toute ambiguïté dans les relations intergénérationnelles. Bonne journée.

  2. ah ah le gros sujet tabou.
    Allé je vais te donner ma vision, moi j’ai été quasi élevée par mes grands parents, avec celle de Marseille, je passais mes mercredi, mes week end tout ça, mon papy de Marseille me menait le mercredi au tennis, il attendait même pendant mon cours, j’ai appris à coudre avec ma mamie de Marseille.
    Et en Corse j’y ai passé de nombreuses vacances, mes étés (du 30 juin au 30 aout), avec elle j’ai marché, j’ai appris à tricoter, à faire des gâteaux…. Mon grand père nous faisait ramasser les oeufs de poule, nous montrait les chevaux, les ânes, le jardin …. j’avais les meilleurs grands parents du monde.
    Et mes parents, eux, ont toujours bien dit qu’ils ne s’occuperaient pas de leurs petits enfants, qu’ils seraient à la retraite pour eux bla bla bla (bien gonflé quand eux n’ont jamais payé un centime de nounou)
    Du côté de mes beaux parents, là non plus on ne se bouscule pas au portillon pour voir notre petit ou nous le prendre une soirée ….
    Je suis un peu triste parce que moi en tout cas j’ai des tas et des tas de souvenirs avec mes 4 grands parents et vraiment je ne regrette pas d’avoir passée autant de temps avec eux, maintenant qu’ils ne sont plus là ils me manquent beaucoup. Je suis allée en vacances chez ma grand mère j’avais 25 ans la dernière fois et j’adorais encore m’asseoir le soir sur son lit et écouter ses histoires d’antan ou quand le matin elle m’avait fait mon gâteau préféré, et qu’on se buvait une tasse de café dans la cuisine en le boulotant. J’ai appris énormément de mes grands parents et j’aurais aimé que pour mon fils ce soit pareil mais ça ne sera pas le cas.
    Les grands parents ce ne sont pas des nounous gratuites, mais pour tisser un vrai lien il faut y passer du temps.
    C’est vrai qu’aujourd’hui les femmes et les hommes de 60 ans sont en pleine forme et sont loin d’avoir une vie de vieux mais profiter de ses petits enfants ça ne veut pas dire être esclave ou nounou, dans mon esprit c’est aussi leur transmettre et apprendre des choses.

    1. Merci pour ce témoignage émouvant. Cet article est né de la constatation générale d’un certain abus. Nous sommes d’accord, des liens doivent se tisser entre grands-parents et petits-enfants et c’est plus facile lorsqu’il y a une proximité géographique. On dirait que votre exemple vécu anticipait ce phénomène contemporain. Mais vous avez eu beaucoup de chance d’avoir eu des grands-parents aussi présents et aimants, dommage pour les nouveaux grands-parents égoïstes qui se privent de grandes joies.

  3. tout à fait d’accord, une de mes amies est dans ce cas-là, presque impossible d’organiser une sortie avec elle, elle a toujours un ou deux voire trois enfants à la maison (souvent même jour et nuit).ses enfants à elle sortent entre amis ou en vacances etlui laissent les enfants. elle ne peut pas refuser…

    si on lui donnait en salaire ce que cela représentait pour une nounou…
    votre article décrit parfaitement son vécu et ressenti, fatigue, aucun moment à soi…

  4. je me suis occupée de ma mère handicapée pendant 5 ans chez moi (mon fils était très jeune alors), maintenant, c’est au tour de ma belle-mère qui a la maladie d’Alzheimer mais mon fils n’a que 13 ans donc pas de sandwich pour moi…..Enfin si, en quelque sorte….

    1. Quand votre fils sera adulte, vous n’aurez peut-être plus le problème de la génération sandwich à affronter. Espérons que vous vivrez heureusement votre situation de grand-mère.

  5. La plupart de mes amis ont des enfants et je constate deux situations qui me choquent l’une comme l’autre.

    D’un côté la situation que vous décrivez, des jeunes parents qui usent et abusent des papis et mamies, comme si c’était un dû. Les grands-parents n’ont pas leur mot à dire, surtout s’ils sont à la retraite ou si l’épouse est femme au foyer, ils sont fatigués mais n’osent pas se plaindre …

    Mais je vois aussi parfois la situation inverse : des jeunes couples qui galèrent mais qui ne peuvent pas faire appel à leurs parents, car ces-derniers ont bien fait comprendre qu’ils n’étaient pas du tout disposés à garder les petits-enfants. Je trouve çà dommage et triste … c’est quand-même beau de pouvoir aider ses enfants ! La solidarité familiale, on en a tellement besoin ! Et surtout ces grands-parents égoistes passent à côté de bons moments car garder ses petits-enfants c’est aussi un plaisir, non ? Et comme le dite mme-beauté, une relation grands-parents / petits-enfants se construit sur du long terme …

    1. Ce sont vraiment deux extrêmes que vous citez. Les parents dont on abuse, ceci rejoint notre article.
      Mais les jeunes couples qui n’ont pas de soutien familial, c’est en effet choquant ! Les enfants, on les a pour toujours, c’est un engagement à vie. Plus tard, ces parents égoïstes ne doivent pas s’étonner si aucun de leurs enfants ne vient les voir, leur passe le petit coup de fil pour prendre des nouvelles. Et les petits-enfants n’auront aucun lien affectif.

  6. C’est bien compliqué en effet, car ces responsabilités familiales peuvent devenir pesantes. Je crois qu’en ayant des enfants, on ne devrait pas penser dans l’optique que nos parents vont être là pour s’en occuper. Ils ont déjà élevé les leurs et si on veut avoir des enfants, il ne faut pas refiler le travail à d’autres. Ensuite, pour les parents vieillissants, c’est la réalité aussi des trentenaires dont les parents les ont eu tard. Du coup, c’est aussi compliqué d’envisager d’avoir des enfants quand on sait que nos parents vieillissent et auront de plus en plus besoin de nous…

    1. La gratitude que l’on doit aux parents exige-t-elle que l’on renonce à avoir des enfants ? C’est peut-être pousser un peu loin l’esprit de sacrifice mais c’est honorable.

  7. Ma mère s’est beaucoup occupée de mon fils, elle allait le chercher à la crèche puis à l’école et le prenait souvent chez elle le samedi soir. En vacances elle restait quelques jours et l’emmenait à la plage.Elle lui achetait les bêtises que je ne voulais pas lui prendre, elle lui massait les pieds en lui lisant des histoires! J’avais posté une photo d’eux deux quand il était tout petit : http://www.niftyfifty-and-the-city.com/on-na-toujours-quune-maman-meme-bon-jovi/#more-4379. Peu de temps avant la mort de ma mère, ils discutaient encore tous les deux. Mon fils a gardé de bons souvenirs, je pense, de tous ces moments. Je n’ai pas eu ce lien et il m’a paru très important de le mettre en place. Ca donne l’esprit de famille!

  8. Pas de petits enfants maisune fille de 10 ans …. aujourd’hui, elle se garde toute seule, cela dépend évidemment pourquoi mais pour une soirée , ça reste faisable.
    Pour le reste ,j’essaye de ne pas abuser mais plutôt de favoriser la relation grand parents/petits enfants …

    1. Nous n’avons parlé que du côté négatif dû aux abus mais il y a beaucoup de positif aussi et beaucoup de joie, ce sera peut-être votre tour bientôt 😉 Bonne soirée

  9. Je ne suis pas directement concernée mais j’observe beaucoup et d’ailleurs j’espère bien être sollicitée par ma ptite choute de nièce pour m’occuper de son bébé tout neuf. Il me semble que tout ce qui est « ritualisé » et anticipé comme les vacances chez les grands parents ou le fait d’y aller le mercredi ou encore d’être « récupèré » à la sortie de l’école par telle grand mère etc… fait partie de ce qui tisse quelque chose de précieux à la fois pour l’enfant et les grands parents. Tout ce qui relève d’une logique de consommation de service, entre guillemets bien sûr, genre « ah on va faire tel truc samedi est ce que vous pouvez récupérer Toto » est un champ de mines . En gros je pense qu’il doit exister tres rapidement une sorte de cadre rituel discuté ou tacitement mis en place, et perceptible et compréhensible par l’enfant lui même, mais sûrement pas une logique de service à la demande….

    1. Les enfants ont en effet besoin d’être rassurés par des rites et les rites familiaux sont sûrement parmi les plus rassurants. Ce n’est pas toujours facile car les aléas de la vie et l’éloignement, voulu ou non, brisent souvent des habitudes que l’on aurait voulu instaurer plus durablement. Nous avons en effet souhaité souligner le fait que les grands-parents ne doivent pas faire partie des services à la demande…

  10. Je n’ai pas d’enfant , et mes parents sont encore en bonne santé, mais il y a 10 ans j’ai aidé mes parents a s’occuper de mes grand parents qui étaient devenus grabataires ; je connais le travail fourni.
    Mes grands parents m’ont éléve , je trouvais donc normal de m’occuper d’eux jusqu’a la fin ,
    Mes parents invitaient mes grand parents le dimanche et les emmenaient en vacances pour les remercier .
    Par contre ma belle soeur profite un max de mes beaux parents , leur laissant les enfants un week end sur deux , et tous les vacances car elle a besoin de se reposer avec son mari et les enfnats sont trop fatiguant pour elle.
    je précise elle est institutrice.
    Ma belle mere est a bout , elle s’occupe de sa propre maman qui a 95 ans

    Ma belle soeur essaye de nous transformer en tati et tonton sandwich

    1. Le phénomène génération sandwich s’étend aussi aux oncles et tantes que certains exploitent souvent avec moins de culpabilité qu’ils n’éprouvent vis à vis de leurs parents, surtout si Tonton et Tatie n’ont pas eu d’enfants. PS : Comment Madame l’institutrice supportent-elle ses élèves si elle ne supporte pas ses propres enfants ?

  11. De nombreux jeunes couples ou femmes qui élèvent seules leurs enfants sont bien contents de pouvoir compter sur leurs parents pour les épauler en cas de besoin. Avoir des enfants à l’heure actuelle revient très cher et sans solidairité familiale, la situation de certains adultes et de leurs enfants serait catastrophique. Il m’est déjà arrivé de voir des grands-parents aller faire le plein au supermarché du coin pour tout simplement remplir le réfrigérateur de leurs enfants qui connaissaient des fins de mois difficiles et qui n’étaient plus en mesure de nourrir leur propre progéniture… Dans de telles conditions, le fait de s’occuper de ses petits-enfants lorsque les parents de ceux-ci n’ont pas les moyens de payer une nourrice n’a rien d’un sacrifice : c’est juste une question de responsabilité familiale. En outre, quand on a la chance de faire partie d’une génération de privilégiés, il faut en être conscient et ne pas faire preuve d’égoïsme envers sa descendance qui, elle, doit se serrer la ceinture pour joindre les deux bouts. La liberté qu’offre la retraite est certes très appréciable, mais ne penser qu’à soi et à son propre plaisir et refuser de se soucier des autres membres de sa famille qui ont besoin d’aide me semble tout à fait symptomatique d’une société basée sur l’individualisme, hélas typiquement occidentale. Le règne du chacun pour soi correspond à une réalité affligente qui a malheureusement tendance à se propager. Alors avant de se plaindre de se faire « exploiter » par ses propres enfants, il faudrait peut-être remettre en question le système dans lequel nous vivons et qui laisse bien peu de place aux valeurs humaines pourtant fondamentales.

    1. Nous vivons une période qui est difficile sur le plan économique pour beaucoup de personnes. Si auparavant, c’étaient parfois les enfants qui aidaient les parents ayant une trop petite retraite ou tout simplement les hébergeaient, maintenant ce sont les parents qui viennent au secours des femmes seules ou des couples au chômage. Comme vous dites à juste titre, la solidarité familiale doit jouer, elle est importante et le « troisième âge » semble parfois trop avide de plaisir égoïste. Avoir des enfants est un engagement à vie. Nous sommes évidemment d’accord avec vous et votre analyse et l’importance des valeurs humaines !
      Toutefois, nous constatons parfois des abus, un manque de respect et de reconnaissance par rapport aux parents. Et comme nous disons dans notre post « que feront-ils plus tard, lorsque à leur tour ils feront partie de cette génération sandwich ? »

  12. Je ne suis pas encore grand-mère, mes enfants ont 16 et 23 ans. Cela viendra probablement mais je pense avoir le temps!!!!

    Quant à mes parents, oui, ils ont gardé mes enfants mais… n’habitant pas près de chez eux, ce ne fut ni en semaine, ni pendant les weekends mais pendant les vacances scolaires.

    Du coup, je pense qu’un très bon équilibre s’est fait! Il n’y a pas ni jamais eu d’envahissement.

  13. Quel bel article !! C’est un réel problème de société que vous révélez là, car en effet, dans certaines familles, les mamies sont très (trop) sollicitées, pour ne pas dire exploitées !! Pourtant ces femmes qui ont déjà eu une vie bien remplie ont le droit d’aspirer à une certaine tranquillité à l’heure de la retraite, sans pour autant être traitées d’égoïstes !! A tout âge, prendre du temps pour soi pour prendre soin de soi est important. Pour cela, il faut savoir dire « non » et pour commencer, apprendre à fixer les règles !! Car plus on dit oui à tout, plus on vous sollicite !! Prenez soin de vous !!

    1. Merci d’avoir lu ce post qui date un peu, mais qui est toujours d’actualité et colle avec votre dernier article à vous. Oui, ces femmes n’ont pas un moment à elles, elles n’osent pas dire non et sont coincées. Heureusement, nous, nous n’avons que les bons moments qui ne sont pas des obligations et on en profite…

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