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[Anniversaire] Il y a 50 ans : Ich bin ein Berliner…

« Two thousand years ago the proudest boast was civis Romanus sum. Today, in the world of freedom, the proudest boast is Ich bin ein Berliner.
And, therefore, as a free man, I take pride in the words Ich bin ein Berliner. »

C’est le 26 Juin 1963 que John F.Kennedy prononça cette phrase historique qui fut le moment culminant de son voyage en Allemagne de l’Ouest et à Berlin. L’Eurovision transmit la visite du président des États Unis dans 14 pays pour 150 millions de téléspectateurs. De nombreux Berlinois l’acclamèrent sur son trajet et, devant 400 000 personnes, dans Berlin partagée en deux, il donna à Berlin Ouest l’image d’un ilot de liberté.

 

C’était pour le 15ième anniversaire de la « Luftbrücke » (pont aérien) que J.F. Kennedy rendit visite à Berlin. En effet, en Juin 1948, suite à une dégradation des relations entre les différents occupants de l’Allemagne, l’URSS  bloqua les accès terrestres à Berlin-Ouest. Pendant ce blocus qui dura jusqu’en mai 1949, les USA et leurs alliés organisèrent un gigantesque pont aérien – il fallait tout, mais vraiment tout acheminer grâce à des avions appelés « Rosinenbomber » pour sauver la population de la famine…

N’oublions pas le contexte de l’époque : en 1957 il y a eu le choc du « Spoutnik », les Russes avaient devancé les Américains dans la conquête de l’espace ; en 1958 Nikita Khrouchtchev demanda dans un ultimatum d’unifier Berlin en une ville démilitarisée, ce que l’Otan refusa ; en 1961 le mur fut construit en toute impunité par la RDA, sans aucune manifestation de la part des autres puissances, et en 1962  la crise de Cuba fit naître le risque d’une guerre nucléaire.  C’est donc deux ans après la construction du mur, et en pleine guerre froide,  que cette  visite et le  discours furent d’un grand réconfort psychologique pour les Berlinois et laissa souffler un vent d’optimisme. L’allocution était le pendant du fameux discours à la chaussure de  Khrouchtchev devant les Nations Unies en 1960. Cependant, ces phrases ne calmèrent pas la tension entre les deux opposants…

« Il y a des personnes qui disent que l’avenir appartient au communisme. Qu’ils viennent à Berlin ! … Une vie dans la liberté n’est pas facile, et la démocratie n’est pas parfaite. Mais nous n’avons jamais eu besoin de construire un mur… »

J’étais petite et pourtant, je me souviens très bien de cette vague d’enthousiasme dans les médias, nous étions tous plus ou moins concernés par ce face à face d’anciens alliés devenus des ennemis sur le sol allemand.  En plus, en dehors de toute considération politique, il était beau, sa femme était belle, ils représentaient quelque chose que nous appellerions aujourd’hui  « le glamour »…

Barak Obama vient de célébrer à son tour l’anniversaire du discours de Kennedy à Berlin. Lors de sa visite il y a cinq ans, il fut fêté par les Berlinois comme une véritable star, comme Kennedy en son temps il est beau, sa femme est belle. Aujourd’hui les relations entre Berlin et Washington sont toujours amicales mais subissent quelques frictions. Obama doit s’expliquer sur le programme d’espionnage des communications, sur la surveillance des internautes allemands. Ce n’est plus le grand frère protecteur, mais « L’ami perdu » selon DER SPIEGEL.  La visite ressemble plutôt  à une une réunion de travail.

Tempora mutantur…

 

 

 

13 Comment

    1. Mais qui – de ceux qui étaient nés à cette époque – ne se souvient pas de cette date ! Pour nous c’est une date marquante comme l’est aussi le 11 septembre 2001.
      Bonne journée

  1. La période de la guerre froide est fascinante.

    Quand on pense que la ville était séparée en deux …

    Chacun des camps politiques était convaincu d’être dans le vrai, l’autre représentait le mal absolu.

    Au milieu de tout çà, des familles séparées, des vies bouleversées.

  2. je ne dirais pas que je me souviens mais disons que j’en ai entendu parlé après…bien après (j’essaye de me faire passer pour plus jeune que je ne suis^^)!

    1. C’est une phrase qu’effectivement, on a souvent entendue, et que l’on entend encore souvent.
      Bonne fin d’après-midi

  3. Plus marquant pour le jeune homme que j’étais ! Auberge de jeunesse 5h30 du matin, je prend mon Frühstück, quelqu’un allume la radio avec de la musique, et puis tout à coup une voix masculine nous parle d’un vopo qui a tiré sur un fuyard et celui-ci ne bouge plus : il est du coté est d’un mur que des ouvriers montent assez rapidement ,déjà un mètre de hauteur sur toute la longueur…
    La coïncidence et le hasard étaient complets pour moi, je devais prendre le train pour Berlin ce matin là.Une bouffée de chagrin mêlée à une colère sourde m’envahis contre ce régime que je connaissais de part une expérience subie plus tôt dans un autre pays semblable…

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