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Anniversaire

[Anniversaire] Il y a 75 ans, « Olympia » de Leni Riefenstahl

« Je n’ai jamais nié avoir succombé à la personnalité de Hitler. Que j’ai reconnu trop tard son côte démoniaque, est sans doute une faute ou un aveuglement »

C’est  le 20 avril 1938, en hommage à l’anniversaire de Hitler, qu’a eu lieu la Première de « Olympia » (en français Les Dieux du stade),  un documentaire de Leni Riefenstahl sur les Jeux Olympiques de Berlin en 1936. Ce film remporta un grand succès international et reçut le Premier Prix à la Mostra de Venise et en 1939 une médaille d’or décerné par le Comité International Olympique. La réalisatrice utilisa de nouvelles techniques de cadrage, le travelling et les caméras sur rails ou sous-marines lors du tournage.

C’était un film de propagande national-socialiste, un véritable produit de public relation, et malgré cela, il est toujours considéré comme le plus beau documentaire sportif. La réalisatrice, par un sens d’esthétisme aiguë, exalte la beauté du corps humain à travers les disciplines sportives. Elle s’attarde davantage sur le corps masculin et viril

 

Un des sommets des JO fut le 100 m du coureur noir américain Jesse Owens qui gagna 4 médailles, au grand regret des dirigeants nazis. Les prises de vue d’Owens sont devenues légendaires même en photo ; elle ne consacra à aucun autre athlète autant d’attention et montra l’afro-américain dans une « lumière positive », ce qui agaça profondément Hitler.

Leni Riefenstahl (1902-2003) était au départ danseuse et actrice avant de se tourner vers la réalisation de films. C’est en 1934 qu’elle tourna le film de propagande sur le congrès du parti NS à Nuremberg « Triomphe de la volonté », film très controversé pour sa glorification du pouvoir nazi.

Après la guerre, boudée pour avoir travaillé au service des nazis, elle se consacra essentiellement  à la photographie ; ses photos et livres sur les Noubas au Soudan remportèrent un grand succès.

 

 

En  2002 elle publia  la première fois depuis 50 ans un film, un travail sous-marin sur la beauté des atolls dans l’Océan Indien.

Jusqu’à la fin de sa vie, elle se défendait en soulignant que son film « Triomphe de la volonté »  fut « une pure œuvre artistique », qu’il n’y aurait eu aucune parole antisémite. Après la guerre l’on aurait vu ses œuvres à travers des lunettes politiques. « J’étais mise dans le même sac que les méchantes affaires nazi. J’en ai beaucoup souffert…J’étais jugée, j’étais condamnée. »

Propagande ou non, cette question restera dans dans toute discussion autour de sa personne.  Comme les national-socialistes, elle était fascinée par le corps et cette fascination elle l’a traduite dans l’art et d’une nouvelle manière. Mais elle s’est toujours vue comme une artiste politiquement naïve.  Dans  ses mémoires elle déclare n’avoir jamais eu de relation particulière avec Hitler, et n’avoir travaillé que quelques mois pour les nazis.

Récemment on peut observer un nouveau regard sur ses films. On redécouvre plus l’artiste et son esthétisme, la séduction dans ses œuvres. Certains voient même une « Riefenstahl-Renaissance ». Le magazine « Times » la compte tout de même parmi les 100 plus grands artistes  du 20ème siècle.

… Serait-ce  l’histoire d’une très grande artiste, prête à tout pour accomplir son œuvre et se faire connaître?

 

 

 

 

 

 

 

18 Comment

  1. Elle n’aura pas été la seule à dire après : « je ne savais pas, je n’avais pas compris ou j’obéissais aux ordres! »…

  2. Doit-on tout pardonner aux artistes qui ont fait passer leur passion avant tout le reste ? Je ne me sens pas qualifiée pour répondre mais c’est vrai que j’ai une mauvaise image de Leni Riefenstahl… On a moins tendance à critiquer Coco Chanel qui eut un amant nazi et fut soupçonnée d’espionnage…

    1. Peut-être parce que Coco Chanel était française ?
      Leni Riefenstahl restera un personnage contesté parce que, n’oublions pas, elle a fait du PR pour le parti Nazi. Mais, elle était allemande, donc déjà au départ plus facilement critiquable.
      A la question si on doit tout pardonner aux artistes, il est très difficile de donner une réponse. Souvent on oublie le côté obscure du génie pour ne retenir que le talent.

    1. Il est incontestable qu’elle avait du talent et même très âgée elle a gardé son esprit curieux.
      Mais nous ne la comprendrons surement jamais !
      Bonne soirée – soirée pour nous, ici…

  3. Quelle bonne femme quand même! Apprendre la plongée sous-marine à 72 ans.. Et cette fascination qu’elle a toujours eue pour les beaux hommes, les beaux « mâles ». Il me semble qu’elle a été la première à mettre sa caméra sur des rails pour suivre la course des athlètes.
    Toute cette énergie force l’admiration. Bien d’autres (y compris en France) ont fait des mauvais choix à qui ils ont été reprochés moins longtemps qu’à elle.

    1. Oui, quelle bonne femme, quelle personnalité, une féministe libre aussi – elle ne laisse pas indifférente !
      Bonne nuit

  4. Je connaissais le film et l’histoire de cette artiste au talent incontestable quand on voit l’esthétique et la grande qualité des photos. Pour le reste, nous appartient-il de juger ? Pas facile… Bon dimanche

  5. Je ne peux nier qu’elle a du talent, ses photos sont incroyables
    Mais…. je reste un peu gênée…
    Pour réussir certaines personnes n’ont peur de rien
    Bonne soirée mesdames

    1. On ressent une gene, un sentiment de malaise en connaissant le contexte, et en même temps de l’admiration devant tant de talent. Un personnage complexe et ambitieux
      Une belle soirée

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