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Pour les femmes mais pas seulement...
Cogito ergo sum

[Cogito…] Le langage des hommes…

C’est la rentrée et le retour au travail.

Dans DER  SPIEGEL  Nr.33, nous avons vu un article qui pourrait intéresser nos lectrices confrontées aux hommes dans leur vie professionnelle.

Le consultant en entreprise Peter Modler organise des stages destinés aux femmes pour qu’elles puissent réagir face aux hommes, pour leur donner des armes égales. Il leur apprend une langue étrangère : le langage des hommes.

« Le principe de l’arrogance » est sa méthode de training ; il ne s’agit  pas vraiment de devenir arrogante, mais de mettre fin à cette tendance ancestrale au flirt : sourire, battre des cils, incliner la tête sur le côté, être mignonne. Ce comportement ne serait  qu’un comportement de soumission. Il ne faut  pas pour autant être misanthrope  comme une Meryl Streep  dans « Le diable s’habille en Prada », mais adopter une attitude réservée, c’est une « arrogance situative » selon Modler.

Parce que les femmes communiquent autrement que les hommes qui, eux, sont orientés « verticalement », donc de façon hiérarchique : ils aiment la décision, le risque, mais doivent savoir quel rang ils occupent. Ils se battent pour se positionner et font tout pour protéger leur territoire. Ils préfèrent  des annonces claires et brèves aux grandes explications. Par contre ils ne prennent rien de façon trop personnelle.

Tout le contraire des femmes qui attachent de l’importance à l’égalité, l’esprit d’équipe, la politesse.

Dans ses séminaires Modler pratique des méthodes qui persuadent des femmes au départ plutôt sceptiques. Un homme joue les rôles selon le contexte, le boss, le collègue rebelle, un subordonné etc. On constate à travers ces jeux de rôles que ce qui aurait été ressenti comme humiliant par une femme, reste poli aux yeux d’un homme ; et inversement lorsque la chef le couvre de louanges, il est mal à l’aise ; mais plus du tout  lorsqu’elle lui met  brièvement la main sur l’épaule en  disant « bravo ».

Une responsable d’une entreprise d’artisans utilise souvent ses connaissances nouvellement acquises. Avant elle corrigeait  elle-même les devis ou allait voir l’artisan pour discuter avec lui – c’était tout faux. Maintenant elle le fait venir  dans son bureau – il est obligé de se laver les mains, elle le fait attendre quelques secondes debout avant de le regarder et de lui dire qu’il y a un certain nombre d’erreurs. « Pour quand pouvez-vous reprendre tout ça ? Merci »…

Des phrases courtes et des longues pauses, voilà des armes efficaces dans l’arsenal de Modler, mais qui pose des problèmes aux intellectuelles qui réagissent au stress en parlant trop et trop rapidement.

Meilleur exemple : A la fin de la présentation d’un projet, une jeune architecte regarde ses interlocuteurs et demande « encore des questions » ? Un jeune collègue sourit et lui dit « Votre exposé aurait été meilleur si vous aviez laissé le dernier bouton de votre chemisier ouvert » …Au lieu d’ignorer cette remarque, la jeune femme doit fixer le collègue, s’avancer tout doucement, le pointer du doigt et dire à haute voix et lentement :  » Trop jeune ! ». Touché – Coulé !

Et les hommes alors, ne devraient-ils pas eux aussi apprendre le langage de ces êtres qui sont en train d’envahir leur domaine réservé, les femmes ?

Et vous, avez vous déjà adopté ce nouveau langage ?

12 Comment

  1. Encore un billet fort intéressant. Il est vrai que notre attitude face aux hommes dans le travail nous place parfois dans une position infèrieure. De nombreuses études anthropologiques parlent de ce sujet passionnant.
    Aujourd’hui de nombreuses femmes détiennent des postes clés dans les entreprises et parfois, tout comme les hommes se comportent mal…
    Rien n’est simple en fait
    Bonne journée et merci de nous faire réfléchir

  2. « Parler trop et trop rapidement » en cas de stress, c’est tout à fait moi!
    Cette analyse est très juste. Se corriger est plus difficile. Mais en y repensant, les femmes C+++ que j’ai pu croiser sont effectivement distantes, parlant peu et avec un regard peu amène….

  3. Pas facile de communiquer, dans le monde du travail en tout cas. Moi aussi je connais des femmes qui en font des tonnes pour s’affirmer et deviennent « pire que les hommes » en fin de compte !

  4. Thème essentiel et approche intéressante… Je suggère une lecture passionnante (en anglais, car cela n’a pas été encore traduit, malheureusement): « The curse of the good girl » de Rachel Simmons qui démonte les effets pervers de l’éducation des filles, à long terme, dans la vie professionnelle, et suggère des pistes pour dépasser…

    1. merci – on va essayer ! Il est certain que l’éducation joue un rôle important. Etre un good girl, voilà ce que l’on nous a inculqué. Reste à savoir dans quelle mesure ou plutôt si une partie de notre comportement serait « génétique » ou ancestrale…

  5. J’entends souvent des grandes « vérités » : « les femmes sont pires que les hommes », « les femmes entre elles ne se font pas de cadeau », ou encore « les hommes sont plus francs, plus directs, les femmes font des histoires » etc.

    Je dois dire que pour moi ce ne sont que des clichés, qui ne correpondent pas du tout à la réalité telle que je la constate dans mon environnement professionnel.

    Dès qu’une femme a de l’ambition et se positionne en gagnante, on dit que c’est une tueuse, on la critique … alors que si c’est un homme, tout le monde trouve çà normal !

    Dans le monde du travail, surtout dans les sphères élevées dans la hiérachie, les hommes se « cooptent » entre eux, adoptent des codes et des signes de reconnaissance. A compétence égale, ils ne choisissent jamais une femme !!!

    1. C’est sur, notre société juge encore à travers des clichés et il faudra du temps pour faire évoluer les attitudes et le regard. Une meilleure connaissances du comportement de l’autre permettrait d’avancer.

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