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[Cinéma] Il y a 75 ans « La grande Illusion »

En mars 1937 eut lieu la Première du film « La Grande Illusion » de Jean Renoir, avec Jean Gabin et Erich von Stroheim. Par la suite, à cause de la Deuxième Guerre Mondiale, il a voyagé à travers l’Europe puisqu’il a été saisi par les Allemands, emporté par l’Armée Rouge  en Russie pour finalement être restitué à la Cinémathèque de Toulouse.

Interdit par les Allemands qui le considéraient comme pro-sémite et anti-allemand, interdit aussi en France après le début de la guerre comme pacifiste et pro-allemand, ce film a subi au fil des années de nombreuses coupes dues à la censure.

Toutes ces vicissitudes en ont fait un film de légende, humaniste et pacifiste à la veille d’une guerre. Renoir voulait en effet démontrer par l’histoire de ces prisonniers français en Allemagne que le respect et même la courtoisie peuvent  exister entre ennemis ; ce sont le nationalisme et l’antisémitisme qui divisent les peuples. « Les frontières sont une invention des hommes » disait-il.

Première Guerre mondiale. Deux soldats français sont faits prisonniers par le commandant von Rauffenstein, un Allemand raffiné et respectueux. Conduits dans un camp de prisonniers, ils aident leurs compagnons de chambrée à creuser un tunnel secret. Mais à la veille de leur évasion, les détenus sont transférés. Ils sont finalement emmenés dans une forteresse de haute sécurité dirigée par von Rauffenstein. Celui-ci traite les prisonniers avec courtoisie, se liant même d’amitié avec Boëldieu. Ennemis ou étrangers par leurs origines et leur éducation, ils traversent les frontières qui les séparent.

Ce grand classique du cinéma va donc ressortir en salles dans sa version restaurée.  Grâce au « plan nitrate » des Archives françaises du Film, la plupart des longs-métrages anciens ont été sauvegardés et les meilleurs résultats sont obtenus en numérisant le négatif nitrate original.

Ainsi les films acquièrent leurs lettres de noblesse puisque ils sont maintenant restaurés au même titre que les peintures, sculptures ou monuments. Pour le moment il n’y a pas encore un marché des œuvres du 7ème Art qui atteint les sommes colossales du marché de l’Art tout court…

7 Comment

  1. Je n’ai vu aucun de ces grands films du milieu du siècle dernier au ciné, ça doit quand même être quelque chose …

  2. Merci pour cet article tres intéressant. Je vis a Londres et ce film est aussi en salle en ce moment dans les cinemas londoniens. Je ne connaissais pas le contexte de diffusion du film. Je compte bien aller le voir car c’est un film culte et comme vous le dites si bien, il sort dans une version restauree, ce qui en fait une véritable oeuvre d’art, une chance pour tout cinephile.

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