MATCHING POINTS

Pour les femmes mais pas seulement...
Culture Lecture

[Lecture] « L’Enchanteresse de Florence » de Salman Rushdie

Nous avons eu le grand plaisir de « faire la connaissance » de S.Rushdie  lors d’une conférence à Aix-en-Provence pour la fête du livre en Octobre 2008. Cet écrivain d’origine indienne, surtout connu (et donc mal connu) par le retentissement médiatique de la fatwa que lui avait valu la parution des « Versets sataniques », a su charmer son auditoire ce jour-là par son humour et son intelligence qu’il exprimait avec une grande simplicité. D’approche facile et, disons-le, malgré un physique peu engageant, S.Rushdie nous a séduites !


Se lancer dans la lecture d’un roman de S.Rushdie requiert patience, opiniâtreté et abandon de tout esprit de rationalisation. Romans fleuve, personnages extravagants, chronologie bouleversée, interprétations inépuisables.

Nous avions déjà été bluffées par « Les enfants de minuit », un de ses premiers romans, et nous venons de découvrir « L’Enchanteresse de Florence » qui est plus facile d’accès mais aidons-nous de la 4ème de couverture pour tenter de résumer ce roman foisonnant :

« Un jeune homme blond dressé sur un char à boeufs entre à la cour du Grand Moghol, au cœur des Indes. S’il cherche l’empereur, c’est pour lui raconter sa vie. Il est le fils de l’Enchanteresse de Florence, une princesse moghole oubliée, maitresse sulfureuse d’un soldat florentin, à la beauté envoûtante  et aux pouvoirs mystérieux. Leurs destins fabuleux embrassent l’Orient conquérant et contemplatif comme l’Occident sensuel de la Renaissance florentine. D’une cour à l’autre, au rythme des complots et des intrigues, se croisent sorcières et félons, courtisans, voyageurs et prostituées… Moderne Shéhérazade, Salman Rushdie allie à l’histoire du XVIè siècle la magie des contes et prouve de nouveau, dans ce roman foisonnant, qu’il a le don de charmer ses lecteurs. »
Acceptons nous aussi l’histoire que S.Rushdie nous conte car comme il l’écrit : « La facilité avec laquelle cette histoire surnaturelle fut acceptée venait du fait que de tels événements semblaient normaux à l’époque avant que le réel et le surnaturel n’aient été séparés pour toujours et condamnés à vivre à part sous le règne de souverains différents et de logiques contradictoires. »

Comme en témoigne l’impressionnante bibliographie citée en fin d’ouvrage, ce romancier à l’imagination débridée a fait aussi un remarquable travail d’historien, mêlant aux aventures romanesques des faits et personnages historiques ce qui révèle une grande connaissance de l’Orient dont il est originaire mais aussi de la Florence de la Renaissance, ce qui est plus rare pour un anglo-indien exilé aux États-Unis. L’action se déroule donc durant une période exceptionnellement riche en événements et personnages restés célèbres : le retour des Medicis au pouvoir, la cour du Grand Moghol,  Machiavel (dont « Le Prince » est unanimement dédaigné), Amerigo Vespucci « qui a donné son nom à un nouveau monde », puisque c’est aussi le moment de la découverte de l’Amérique.
Vous verrez donc se croiser des aventuriers, des empereurs et des princesses de légendes mais aussi des génies de la Renaissance italienne entre deux mondes l’Orient et l’Occident  au moment où un troisième monde vient d’être découvert. C’est par moment vertigineux !

Réservé aux amateurs de phrases qui dépassent les 5 ou 6 mots de nombreux romans contemporains et de personnages qui ne sont pas ceux de la porte à côté !

8 Comment

  1. Merci pour ce conseil.

    J’aime varier les lectures. Après avoir dévoré « Limonov » d’Emmanuel Carrère (qui m’a bluffée, tant par son analyse des sentiments humains que par le contexte historique … notamment la chute du communisme ), je lis actuellement un bon polar de Henning Mankel (écrivain suédois).

    Je vous conseille les deux !

  2. Je vais me laisser tenter par ce livre dès que j’aurai fini celui en cours. Je lis énormément et varie les genres. Des classiques aux romans de gare.
    En ce moment je lis un Arturo Perez Reverte

  3. Ah oui ! incontournable pour qui aime rêver et voyager! C’est un auteur magnifique , qui nous fait ressentir les ambiances! J’ai adoré « L’enchanteresse de Florence ». J’ai retrouvé le fabuleux conter du « dernier soupir du Maure ». Rushdie écrit un conte, une fable, un peu style 1001 nuits mais sur un fond très documenté sur la Renaissance. Mais il semble que tout ce mélange.. ou est le vrai, ou est l’inventé ? Magnifique fresque, belle histoire d’amour.. J’en redemande!

    Et aussi …
    « Le Dernier Soupir du Maure » est une fresque somptueuse et la fable : « Haroun et la mer des histoires  » qu’il a écrite pour son fils est magnifique , magique ! un rêve… faut pas le louper.. poétique et tout et tout…
    J’ai encore dans la pile « la terre sous ses pieds » ( un pavé folio de 850 pages pour cet été)…

    1. Les livres de Salman Rushdie sont foisonnants à la fois dans les décors, les personnages mais aussi la langue. Il faut accepter l’irrationnel et la démesure et quelquefois s’accrocher car lire S.Rushdie n’est pas de tout repos ! Alors que son discours oral (puisque nous avons eu la chance de le voir et l’entendre) est d’une grande spontanéité et simplicité. Quelle classe !
      Merci pour les indications de lecture des autres romans.

Répondre à matchingpoints Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.