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[Cinéma] Habemus Papam

Un peu difficile de faire une « vraie » critique car nous sommes fans inconditionnelles de Nanni Moretti. On adhère totalement à son humour même quand il en fait des tonnes : quand il cabotine, quand il n’y a plus de limites à la loufoquerie.

Mais où va-t-il chercher tout ça ?

L’histoire : un pape (Michel Piccoli) est élu et, saisi de terreur devant les responsabilités de la charge, s’échappe du Vatican et erre incognito dans Rome à la recherche de ses souvenirs, de sa jeunesse, de son désir contrarié d’être acteur et de jouer du Tchekov.

Nanni Moretti joue, bien sûr, le rôle d’un psychanalyste.  Appelé au secours par le Conclave, il se lance dans une séance de psychanalyse papale saugrenue au milieu des cardinaux rassemblés autour de lui et de son Saint patient qu’il lui est interdit de questionner sur sa famille,  ses peurs, ses rêves, le sexe…forcément !

Devant la défection du Pape parti en goguette et croyant néanmoins qu’il s’est retiré dans ses appartements, le psychanalyste organise un tournoi de volleyball entre cardinaux pour remonter le moral de tous ! Que ceux qui n’ont pas ri lèvent la main !

Dans cette fable qui joue sur le registre de l’émotion devant le désarroi du nouveau Pape et sur celui de la comédie en inventant des situations plus cocasses les unes que les autres, Moretti filme aussi la majesté du protocole de la Curie romaine et de la pourpre cardinalice.

En somme un grand Moretti tragi-comique que le jury de Cannes aurait dû récompenser pour son originalité et sa malice.

6 Comment

  1. Quelle imagination ! Il serait intéressant de savoir qui est le scénariste.

    J’espère que vous avez eu la chance de la voir en V.O.

    1. Il y a 3 scénaristes : Nanni Moretti lui-même qui, en général, écrit les scénarios de tous ses films et des scénarios pour d’autre cinéastes italiens, Francesco Piccolo et Francesca Pontremoli.
      Hors de question d’aller voir un film italien (qui plus est avec Nanni Moretti) autrement qu’en V.O. !!!

  2. J’ai trouve ce film tres lourd, la caricature de l’église, la caricature de la bêtise de la populace, la bêtise de la télé, un pape qui refuse les responsabilités et qui comme par hasard s’appelle Melville et tombe dans une troupe d’acteurs qui joue du Tchekhov, entre tous les auteurs dramatiques, le psy qui veut forcément poser des questions sur l’enfance, des hommes d’église que ça embarrasse forcément, des cardinaux puérils, un garde suisse qui fait partie de la populace et est ravi parce qu’il peut passer son temps à s’empiffrer devant la télé, la partie de volley in-ter-mi-na-ble, cela tourne vite court. En somme trop de caricature tue la caricature!
    Moretti n’est jamais très subtil mais c’est aussi pour ça qu’on l’aime d’habitude, et là vraiment ça ne m’a même pas arraché un sourire.

    1. @ Véronique : Nous avons précisé que nous étions fans de Nanni Moretti et de son humour. Il y a certes une critique de la télé italienne (rappelons qu’il est depuis toujours un adversaire de Berlusconi). Mais il n’y a pas une vraie critique de l’église selon nous, seulement un plaisir impertinent à mettre en scène des situations incongrues qu’il ne faut pas prendre au premier degré, comme la séance de psychanalyse qui normalement se déroule dans l’intimité d’un cabinet et ici au milieu des cardinaux rassemblés, ce n’est pas exagéré c’est tout simplement invraisemblable et donc cocasse.

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